Cinéma

On est allé au ciné, et on a regardé pour vous…

Gravity : 2013, l’Odyssée de l’Espace

Gravity n’est pas un film de science-fiction. Mettez-vous bien ça dans la tête quand vous irez le voir, ou si vous l’avez déjà vu et que vous êtes déçus, car penser cela, c’est aller au-devant de graves déconvenue. Gravity est un film de real-cinema, si je peux me permettre d’utiliser cette expression télescopée. Le film nous ancre dans la réalité, celle de la science spatiale telle qu’elle est en 2013. On envoie des astronautes dans une station spatiale internationale bien réelle. Et il leur arrive des problèmes bien réels. Pas d’extra-terrestres, pas de monstres issus de mutations, de vitesse de la lumière, de téléportation ou de vaisseaux-paquebots. [...]

(Re)découvrir La jetée (1962) de Chris Marker

Prenez donc 27 minutes de votre temps pour écouter et regarder cette histoire troublante qui raconte le voyage intérieur d’un homme dans sa mémoire, ses rêves, le passé et le futur de l’Humanité afin de sauver le monde d’une apocalypse post troisième guerre mondiale. Au passage, n’oubliez pas de vous laisser envahir par la pureté de la narration et la beauté des images, à l’instar de cette phrase prononcée par le narrateur sur fond du visage doux d’une mystérieuse inconnue : “Rien ne distingue les souvenirs des autres moments, ce n’est que plus tard qu’ils se font reconnaître. A leurs cicatrices.” [...]

The Dark Knight Rises review

 « Parce qu’il est le héros que Gotham mérite. Pas celui dont on a besoin aujourd’hui… Alors nous le pourchasserons. Parce qu’il peut l’endurer. Parce que ce n’est pas un héros. C’est un Gardien silencieux… qui veille et protège sans cesse. C’est le Chevalier Noir. » C’est sur cette réplique inspirée que s’achevait le deuxième volet de la trilogie Batman, orchestrée par le talentueux Christopher Nolan. Un opus sorti en août 2008 qui fut considéré comme le film de l’année, battant tous les records d’entrées et nominé 8 fois aux Oscars. Une première pour un film de super-héros. Il aura fallu attendre 4 ans après son chef d’œuvre pour que Christopher Nolan conclût enfin en grande pompe sa trilogie, après un détour brillant par la case Inception (voir la review d’Alex sur le film ici). Pendant tout ce temps, les rumeurs et informations sur le film ont circulé, donnant progressivement aux fans une idée générale de ce que The Dark Knight Rises pourrait être, alors qu’une excitation inédite, dont nous nous étions fait l’écho ici, se mettait en place autour du projet. Pourtant, si l’excitation était forte autour du dernier épisode de la trilogie, elle se doublait d’une appréhension tout aussi inédite. La mort brutale d’Heath Ledger à la fin du tournage de The Dark Knight, alors même que l’ambiance entière du film reposait sur son interprétation démente et magistrale du Joker, handicapait très sérieusement le projet de Rises avant même sa conception. [...]

Black swan : un cygne du destin

En tant que fille, il y a des fantasmes marquants de l’enfance qui me restent dans un coin d’esprit. La danse classique par exemple. Je n’aurais jamais pu en faire, trop pataude, trop enrobée, pas assez déterminée. Pourtant c’est un sport qui garde dans mon monde de (quasi) adulte toute sa féerie, toute sa beauté. J’aurais aimé être danseuse, pouvoir puiser la force de me forger une identité dans un tutu rose, un chignon serré et des ballerines Repetto. [...]

The King’s Speech : George VI avait une voix

Un studio de radio, un micro. Un présentateur se gargarise, il fait des vocalises. En bas d’un escalier, un homme stressé attend avec sa femme. On annonce à son Altesse royale qu’il lui reste 2 minutes. Retour en studio, le micro immense devant la bouche du présentateur, savamment placée à une distance optimale, annonce que le Duc d’York va parler au nom de son père, George V. Le Duc d’York, c’est donc lui, cet homme qui monte fébrilement les escaliers du Wembley Stadium. Le micro, la foule qui apparaît dans la brume. Le futur roi attend, l’ampoule clignote 3 fois, c’est à lui de parler. Parler ? Après un silence de plusieurs dizaines de secondes, les mots sortent, ils sont « crachés », bafouillés, hésitants, entrecoupés de sons tous plus embarrassants les uns que les autres. La foule baisse les yeux, le peuple a honte, les proches sont bouleversés. Le spectateur comprend alors ce qu’il va voir pendant les 120 prochaines minutes : le combat d’un homme contre lui-même, pour son pays. [...]

Jospin que ça vaut le coup : Le Nom des Gens

Il est de ces comédies françaises qui visent petit. Elles sélectionnent un public convenu, proposent un scénario convenu, et déclenchent une quantité variable de rires convenus. Parfois, l’auteur est un habitué, sinon un inévitable oligarque du secteur, et en conséquence, il se cantonne à un certain discours et laisse la désagréable impression d’avoir commis un film alimentaire. Soyons clairs, l’approche du cinéma peut différer selon les individus, mais – et je laisse à chacun avec plaisir le droit de discuter ce point de vue – j’éprouve toujours une certaine difficulté à voir un film qui se revendique « sans prétention », dans un sens où l’auteur ne cherche même pas à laisser une trace concrète dans l’histoire cinématographique, ou à apporter sa dose de révolution. Evidemment, on peut raisonner par l’absurde : prendre une position « avec prétention » pour une comédie, par exemple, est très périlleux, avec principalement l’argument classique que les registres d’humour sont relatifs et qu’un spectateur avec son lot de préjugés négatifs est encore plus en capacité de faire marcher sa mauvaise foi devant un film-à-rires qu’en face de quoi que ce soit d’autre. [...]