Cinéma

On est allé au ciné, et on a regardé pour vous…

Baby, You’re A Rich Man ! The Social Network

A quand remonte le dernier film que vous avez vu où le mythe du self-made-man n’est pas déconstruit ? Et est-ce que ce film existe réellement, d’ailleurs ? Basons-nous sur les trente dernières années, au bas mot : le concept fondateur de la société états-unienne n’a plus aucun retentissement réel dans sa production culturelle. Oh bien sûr, les Américains ont besoin de héros, et leur production ininterrompue de blockbusters est là pour nous le rappeler. Mais est-ce qu’un Vin Diesel correspond au modèle de l’entrepreneur de génie, modèle d’une génération, qui a gravi les échelons sans jamais tricher, à force de travail et de motivation ? [...]

I dreamed a dream : Inception

Le rêve. Cet artifice apparemment inutile de l’esprit, cette étincelle de vie au cœur des abysses du sommeil. Ce foutu hippocampe, cette boîte noire, cette nausée sartrienne qui trouve le moyen de nous poursuivre jusque dans l’oblivion délicieux de la ronflette afin de nous tirer du néant auquel nous aspirons. Cette obsession de l’existence au prix de la réalité. Il faut qu’il y ait quelque chose, il faut qu’il se passe quelque chose. Le rêve est la fonction la plus constante de notre métabolisme. [...]

A Single man

Je n’ai jamais vu d’un très bon oeil le rapport entre films et livres. Les adaptations de textes à l’écran se classent pour moi en deux catégories : les adaptations ratées destinées à faire du cinéma et de la littérature un objet de consommation histoire de remplir les poches de la Warner et d’une maison d’édition qui a la chance d’avoir dans son catalogue l’oeuvre adaptée, et les bons voire très bons films devant lesquels on se dit “Ah, si seulement la trame n’était pas tirée d’un livre, ce film serait un chef-d’oeuvre !”. Je vous laisse imaginer quels genres de films l’on trouve dans la première catégorie. Dans la deuxième, je classe par exemple Shutter Island ou Le Prestige. [...]

Critique de OSS 117 : Rio ne répond plus

Il y a quelques temps, j’étais allé voir Coco avec deux sœurettes pour le nom de Gad Elmaleh sur l’affiche. Nous en étions sortis gênés et désappointés, ayant assisté à la dégradation de l’icône nationale de l’humour francophone des années 2000, qui m’avait jadis assassiné pendant des heures devant mes écrans de télé et de PC à coups de crises de rire muet, au cours d’un film poussif et sans saveur présentant un Coco basique aux ficelles prévisibles et un Gad Elmaleh gesticulant et surexploitant les manières extravagantes de l’archétype du feuj frimeur dans l’espoir de déclencher un fou rire. Apparemment suffisant pour beaucoup : le film a caracolé en tête du box-office français et s’est permis même de rafraîchir sa bande-annonce à base de micros-trottoirs présentant des spectateurs soufflés par l’effet Gad, citant les répliques censées être cultes du film. « Gad, tu nous as éclatés ! » « Mon fils je veux qu’il vole ! Qu’il veu-hole ! ». Non. La seule chose qu’il vole, c’est 10 € 20 si on a été assez inconscient pour aller voir ce truc hors du Printemps du Cinéma. [...]

Critique de Inglourious Basterds

« It could be my masterpiece ». La phrase est prononcée deux fois par un Brad Pitt cabot et l’on croit aisément entendre Tarantino fanfaronner à travers la voix de l’acteur bankable. Lui, on ne le présente plus, réal givré auteur du sacro-saint Pulp Fiction et du diptyque décalé de Kill Bill, qui signe ici son dernier film après Boulevard de la Mort, qui avait rencontré un succès mitigé l’année dernière. Cependant, on peut s’intéresser à la distinction particulière qu’il s’est attaché à créer entre ce Inglourious Basterds et ses précédentes œuvres. [...]

Car il suffit d’un Click pour tout changer…

Hop hop hop! À mon tour désormais de squatter les bancs de la rubrique Films pour vous proposer Click, une comédie dramatique dont l’acteur principal est… Adam Sandler! Il est vrai que tout film dans lequel Sandler a joué se retrouve garant d’une certaine qualité et qu’on est sûr de repartir heureux avec des zygomatiques bien musclés! Mais dans Click, l’acteur montre aussi qu’il est capable d’émouvoir, voire de faire pleurer. [...]