Les films de fatigue
Il y a longtemps que j’ai écrit ce compte-rendu assez sec pour une amie… J’avais alors cédé à la bête classification “Points Forts/Points Faibles”. C’est assez brutasson comme chronique, mais bon… Pour la synopsis, vous vous débrouillez les jolis ! En gros ça parle d’amuuuuuuuuur et puis le reste le film se charge de nous en désintéresser… Voyez le genre, M’sieur Dame ? Voici la chose :
Points faibles :
- ficelles scénaristiques un peu grosses et faciles. Voici un aperçu (non exhaustif) : comme par hasard le héros revoit sa dulcinée plusieurs années bien après l’avoir perdu alors qu’il est dans son bus ; comme par hasard la pluie tombe sur eux en pleine nature et ça les fait super marrer, alors que, bon…; on a aussi droit au passage obligé du départ pour la Deuxième Guerre mondiale… le film était déjà bien ridicule mais alors là ça achève tout ; et ça ne s’arrête pas là, car on se farcit aussi un passage où la mère raconte qu’à 25 ans d’intervalles, elle a eu la même vie que sa fille, et alors là on a le droit au couplet, comme quoi, tu vois, dans la vie, quoi, des choix sont cruciaux, quoi, et blablabla… Trop philosophique, quoi.
- à l’inverse, on oublie de développer des passages intéressants : pourquoi ne presque pas parler de la guerre ? Pourquoi ne pas intégrer cette partie de son histoire lors de la suite du film, comme l’avait si superbement fait Legends of The Fall… En effet, notre héros a connu la 2ème GM, mais il n’a aucune séquelle physique, encore moins mentale ! On a l’impression qu’il s’en fout autant que s’il était parti au Club Med… Dans ce cas, autant supprimer le passage du départ à la guerre… Mais bon. Ça te donne presque envie de partir un fusil à la main. Peut-être une pub implicite pour la politique de Bush ?
- la scène d’ « amour charnel » : Je vois trois conclusions à en tirer : 1/ Pourquoi nous montrer cette scène ridicule où, en plus, on ne voit rien de vraiment croustillant ? 2/ La fille a de jolies jambes, et ça par contre c’est vraiment cool. 3/ Si on fait le choix de montrer ce genre de scènes à l’écran, autant bien les filmer, les rendre un brin sensuelles, et pas aussi ridicules et laides (car c’était moche)
- le mec joue mal. Ils l’ont pris trop jeune, il a une voix d’ado pendant toute l’histoire alors qu’il est censé être adulte. Son regard n’a aucune expression, il ne sait faire que quelques mimiques différentes (visage triste + visage qui se marre + visage triste… ah non ça je l’ai déjà dit).
Points forts :
- scénario qui a certes des ficelles dommageables, mais qui sort (un peu) de l’habituel : au moins le suspense est plus grand, et il y a un souci d’originalité existant (bien que pas très poussé il faut le dire)
- La scène du « What do you want ? » vers la fin est intéressante et sonne juste.
- Capacité vraiment correcte à ménager le suspense à la fin, ce qui relève un peu le niveau
- Et enfin les 20 dernières minutes sont touchées d’un minimum de grâce, ce qui n’est pas rien pour ce genre de films. On regrettera toutefois une utilisation sans imagination de la caméra lors de la scène finale : le cadrage est horriblement neutre, et ce qui est censé toucher nous laisse en fin de compte bien indifférent. La forme pèche par flemmardise et manque d’intérêt esthétique.
Bilan :
Encore un film qui se veut romantique et plein de sentiments à faire pleurer, mais qui au final sent trop la guimauve et la larme préfabriquée. Ce genre cinématographique pour ménagère est très répandu, et il a donc un besoin crucial d’originalité et de prises de risque pour être renouvelé. Ce n’est pas avec The Notebook qu’on y arrivera. Le film est en somme typiquement « made in America » : commercial, hollywoodien, faussement lacrymal, mais efficace avant tout, grâce notamment à un joli début (la rencontre entre les deux futurs amants) et à une fin pas trop mal pensée.
A regarder un vendredi soir après une semaine rude, quand on se sent trop lessivé pour sortir mais pas assez pour aller directement au lit. Un vrai film de fatigue…







