Les “rétrovisionneurs”, ou le nostalgia business sur Internet

Parce que une image cheesy de discothèque en dit parfois plus qu’un long discours.

« Gamin »… Vous l’avez tous connue, cette période de l’adolescence où il ne faisait pas bon s’accrocher à ses bonnes vieilles marottes culturelles : ce dessin animé, ce film, cette BD, ce jeu vidéo qui avait bercé votre enfance était maintenant l’ennemi de votre développement personnel et de votre rayonnement social au sein de la cour de récré. Ce fameux début d’adolescence iconoclaste et nihiliste où, dans l’optique de paraître adulte et fréquentable, il fallait brûler ce qu’on avait autrefois adoré. Le moment précis où vous avez fait connaissance avec le conformisme ennuyeux des grandes personnes et la liste conventionnelle des goûts et hobbies socio-compatibles. Oh, bien sûr, dès la maternelle, il y avait tous ces trucs à la mode qu’il fallait porter, regarder ou posséder impérativement pour éviter la « tehon »… Mais rien n’avait jamais égalé en cruauté cet instant-clé de votre existence où la critique entre camarades est passée de « ringard » à « immature », gagnant un cran dans l’échelle de la violence psychologique.

Ce conflit interne, certains l’ont réglé très rapidement, voir même refoulé : ils furent alors les mioches les plus populaires, les faiseurs de modes, les grands manitous de leur collège. D’autres ont en revanche refusé de renier les grandes références de leur jeunesse, celles qui les avaient construits, se repliant même parfois sur celles-ci en pure réaction à ce nouveau diktat générationnel. Alors on différencia les « normaux » des « geeks ». Dorénavant, le mal était fait. Chaque groupe allait faire son petit bonhomme de chemin, générant d’improbables subdivisions et hiérarchies saugrenues. Fi des gothiques, des fashions, des métalleux, des racailles… La fracture sociétale primordiale demeure la même : ces six mois qui changent tout, au tournant des 13-14 ans. Que restait-il à ressasser dans un monde où la nostalgie était maintenant proscrite ? Oh, bien sûr, il y avait certains éléments régressifs très photogéniques et consensuels : l’attendrissement devant ces bons vieux grands classiques Disney en 2D (« on na pa fé miieu ») ou encore le goût pour le Nutella (« tro booooon c ma drogue lolilol »). On constate d’ailleurs que ces quelques topos de l’infantilisme déifié jouissent maintenant d’une position inébranlable au sein de la génération des années 90, et on peut en retrouver une liste enrichie dans les innombrables groupes Facebook dans la veine de « Si toi aussi tu as grandi dans les années 1990, souviens-toi… ».

Une liste « enrichie », en effet. Car Internet a levé les tabous et a, en quelque sorte, permis de mettre un terme à ce schéma d’autocensure destructrice. Pour retomber en enfance, plus besoin de se briser les reins en farfouillant dans la réserve de VHS de la cave ou de racheter une console 8-Bit chez un brocanteur. La marche arrière est décomplexée, réduite à un simple clic. Avec les dérives que l’on sait : vous avez peut-être connu ces soirées gâchées sur Youtube à chercher LA vidéo du générique d’un obscur cartoon diffusé pendant quelques mois sur une chaîne du câble, ou CETTE pub glauquissime qui avait hanté vos cauchemars et que vous désiriez affronter à nouveau du haut de votre petite vingtaine. Généralement, deux écoles s’entre-déchirent à ce sujet. Internet a-t-il tué la nostalgie en rendant tous les contenus immédiatement disponibles, détruisant par la même occasion la pellicule sépia méliorative du souvenir d’enfance ? Ou la Toile n’est-elle pas plutôt une phénoménale bibliothèque du rétro, dangereuse et addictive machine à remonter le temps distillant des micro-doses de paradis artificiels à chaque lien hypertexte ? Malgré le fait qu’elle ne soit pas née dans les méandres du web comme sa petite sœur Z, la génération Y s’est directement appropriée la technologie, et par cette auto-contemplation, elle ne cesse de découvrir des sens cachés, des qualités insoupçonnées et de nouvelles dimensions aux grands classiques de son enfance. Ne niez pas, même si comme tout le monde, les dernières nouveautés vous emballent, vous l’avez tous pensé : nos dessins animés étaient bien plus fins et mieux scénarisés que ceux d’aujourd’hui, nos jeux vidéo, bien que tout moches et pixellisés, demeurent des légendes, nos BD étaient plus amusantes que les insipidités kawaii des années 2010… Bien sûr, dans un monde qui ne s’est toujours pas remis de l’explosion d’ultimerie des années 60, il serait stupide de dire que la génération des nineties a inventé la nostalgie, mais elle l’a propulsée à un niveau où, de fait, le passé et le présent se confondent totalement.

La fin du « complexe de la nostalgie » a été bien sentie par quelques pionniers, qui profitent maintenant d’une situation stable de stars du Net, qui font et défont l’opinion sur la culture pop des années 80-90. L’un des plus célèbres est l’Angry Video Game Nerd. Tout commence en 2004, lorsque James Rolfe, un geek jovial du New Jersey, se met à réaliser de brèves reviews filmées de jeux vidéo NES, qu’il fait alors tourner parmi ses amis. A l’époque, notre homme a 24 ans et cela fait déjà un petit bout de temps qu’il manie la caméra avec un certain talent. Cinéphile et fan de films d’épouvante, James a déjà réalisé quantité de courts-métrages amateur (à l’instar d’une certaine « On n’a Pas Envie Production »…). Dans ces nouvelles vidéos, il campe une caricature de lui-même, un no-life grossier et impulsif qui emploie moult métaphores scatologiques pour décrire les immondices vidéoludiques qu’il a le malheur de tester. Sans le savoir, il jette les bases de ce qui fera sa popularité mondiale… Une attitude frustrée et hargneuse, du comique de situation, et un running-gag fédérateur : « I’d rather… [insérez une torture atroce impliquant généralement des matières fécales et/ou le rectum] than playing this shitload of fuck ! » Lui n’a aucune intention de rendre ces petits sketches publics, mais ses amis, hilares, l’encouragent à mettre les vidéos en ligne. Après quelques semaines, il est repéré par un grand site de jeux vidéo qui l’encourage à réaliser d’autres épisodes. Porté par son concept novateur, un jeu de scène accrocheur et l’énorme demande de nostalgie de la génération Youtube, il gagne en popularité chaque jour. Les vidéos se font plus longues, la réalisation s’améliore et Rolfe développe son personnage. Le Nerd affronte parfois physiquement une version costumée des héros dont il teste les jeux à licence : Bugs Bunny, le Joker, Freddy Krueger s’invitent ainsi dans les épisodes, donnant lieu à des digressions récréatives où James fait preuve de ses qualités de metteur en scène. Et financièrement ? Oh, ça va pas si mal, tout ceci donne lieu à un merchandising assez faramineux : DVD, casquettes, T-Shirts… Ajoutez à cela les importants dons privés, les revenus par la publicité et les sites Internet diffusant le show… Et James peut maintenant vivre de sa passion. Actuellement, notre self-made man vient de passer la trentaine, est marié et investit les sous du Web dans une multitude de projets périphériques : courts-métrages, reviews de jeux de société ou même sketches Pérussiens sur des aspects irritants de la vie quotidienne. Et les vues ? Oh, elles se comptent en dizaines de millions, quelque chose comme ça.

James Rolfe a-t-il inventé un concept ? Ma foi non : le rétrogaming ne l’a pas attendu pour exister. D’autre part, il y a six ans de cela, certaines chaînes de télévision spécialisées mettaient déjà en scène des gamers, testant un jeu dans les conditions du direct : vous vous souvenez peut-être du précurseur Level One et de son présentateur bonhomme, Marcus, sur la chaîne Game One. Et, bien évidemment, il existe depuis vingt-cinq ans une presse spécialisée dotée de journalistes de talent qui, de temps à autre, s’autorisent une petite séquence défouloir sur un soft particulièrement mauvais. Mais dès la création de Youtube, le Nerd était là, et avec lui, un nouveau format : la review face caméra, présentée par Monsieur Tout Le Monde, pour tout le monde. Sa réussite, James la doit avant tout à des amis au nez fin et à ses talents personnels : il joue juste, manie le juron d’une manière désopilante et a ce charisme sympathique du brave type avec qui l’on aimerait boire une bière un de ces quatre. Il tient d’ailleurs souvent à remercier ses potes en les faisant apparaître dans ses vidéos : l’un d’entre eux lui a composé un thème accrocheur, qui n’a pas tardé à devenir un standard du Net. A chaque vidéo, le Nerd tient à donner quelques explications sur le contexte de sortie du jeu ou de la console qu’il critique, transformant chaque review en un petit cours d’histoire vidéoludique. La nostalgie est décomplexée, le nolifisme plus sexy : jackpot ! Depuis, le concept a été dérivé et copié à maintes reprises : l’Irate Gamer, le Happy Video Game Nerd, et tout un tas de « Let’s Play » (vidéos qu’on peut qualifier de Level One amateurs) réutilisent avec plus ou moins de talent les ficelles du show original, sans néanmoins en tirer la popularité ou les recettes équivalentes. A noter cependant, l’exception de l’AVGN français, alias le Joueur du Grenier. Ayant démarré ses activités en septembre 2009 et assumant pleinement son enthousiasme pour la série de James Rolfe, Frédéric Molas prend logiquement la place gratifiante de reviewer français numéro 1. Comme son idole, Frédéric se concentre sur les vieux jeux pourris. Comme son idole, il pique une crise de nerfs à chaque test. Comme son idole, il termine ses épisodes en détruisant l’infamie à laquelle il vient de jouer. Evidemment, le rayonnement et le budget ne sont pas les mêmes, mais après seulement 14 épisodes, le Joueur du Grenier est déjà une star de l’Internet francophone. Et il le mérite amplement : ses critiques sont assez poilantes, et ont un certain potentiel de revisionnabilité. Comme chez l’AVGN, les jeux sont si spectaculairement pourris qu’ils font l’essentiel du show.

« Hello, I’m the Nostalgia Critic. I’ll remember it so you don’t have to! » Tous les mardis, Doug Walker démarre ses reviews de films et de dessins animés des années 80 et 90 en fanfare, par la même phrase joyeuse de bienvenue.. Avant de sombrer dans divers types d’états psychotiques du fait des incroyables navets qu’il visionne. Lui a commencé en 2008 et a tout de suite acquis une notoriété conséquente, bien que très anglophone, je le conçois. Ah, la barrière de la langue… Originaire de Chicago, Doug travaillait à l’origine comme illustrateur. Puis, comme ça, pour s’amuser, ce cinéphile s’est mis à réaliser quelques vidéos vite torchées, les « 5 second movies », qui, comme leur nom l’indique, résumaient de grands classiques du cinéma en cinq secondes. Là, tout de suite, ça ne mange pas de pain. Mais en parallèle, le Critic avait décidé de faire quelques critiques filmées de nanars bien choisis, qu’il uploada également sur Youtube. Succès immédiat. Comme le Nerd, Doug sait se débrouiller, seul face à une caméra : les reviews sont pêchues, hilarantes, référentielles et, au fil des épisodes, on constate qu’il est plutôt bon comédien. Les vannes fusent, du comique de situation au vocabulaire ordurier, mais dans une version un poil plus complexe que les jurons de son semblable ludonumérique James Rolfe. Malheureusement, les gâche-métiers numéro 1 de l’industrie Youtube, j’ai nommé les géants du cinéma, font supprimer toutes les vidéos en vertu des sacro-saints droits d’auteur, probablement vexés par les critiques acerbes et pertinentes de Doug. Enorme coup dur pour les fans. Notre homme se découvre alors une fibre entrepreneuriale et, à l’aide d’un webmestre plus expérimenté, monte son propre site où il pourra enfin diffuser son show en paix : ThatGuyWithTheGlasses.com. Doug a su ferrer le poisson. Il possède déjà une fanbase assez importante, et, par la recette gagnante du bénéfice sur le Web (revenus de la publicité, dons privés et merchandising), commence bon gré mal gré à faire du serious business. Il s’assure même une visibilité supplémentaire auprès des fans de l’Angry Video Game Nerd en initiant une « guerre » contre James Rolfe, à qui il fut souvent comparé à ses débuts. C’est pour rire bien sûr, les deux gaillards sont amis dans la vraie vie. Mais les bénéfices financiers, eux, sont bien vrais. Comment Doug les réinvestit-il ?  Au départ, ce ne sont que quelques évolutions dans la qualité d’enregistrement de ses vidéos, mais il finira par constater que son hobby lui rapporte suffisamment pour lâcher son ancien boulot. Actuellement, son show rassemble de 100 000 à 200 000 spectateurs par semaine, et d’après Wikipédia, il assure le versement du salaire de son webmaster. Dans un récent épisode, le Critic, 29 ans cette année, a confié qu’il faisait le plus beau métier du monde, même s’il a toujours un peu honte de dire qu’actuellement il réalise une critique des Bisounours : Le Film


Le site ThatGuyWithTheGlasses.com rassemble maintenant une vingtaine de critiques de tous types et de tous horizons, présentant chacun leur show vidéo. Parmi les plus célèbres, la « Schtroumpfette » de service, la Nostalgia Chick, et même un petit Français, Benzaie (prof d’anglais dans le civil), qui, chacun dans leur domaine d’activité, refont les années 90 à leur sauce. Comme le Nerd, le Critic a diversifié son offre, parfois au grand dam des fans de la première heure qui réclament, en substance, plus de crises de colère et moins de sketches digressifs. Mais l’inventivité comique du chef les ramène souvent à la raison. La websérie a généré de nombreux mèmes (running-gags du Net), créant une sorte de communauté comique. La différence est que, contrairement à la plupart des phénomènes Internet, ils ne sont pas faits à son détriment, et la marrade se fait au premier degré. Epic Win ? Pour revenir à notre problématique de départ, le Nostalgia Critic s’inscrit dans une prétention second-degré très affirmée, cet aspect régressif plus ou moins assumé, qui va se chercher des excuses en louant les qualités scénaristiques et les messages « adultes » des vieux cartoons, tout en sachant reconnaître la nullité effroyable de ratages comme Tom et Jerry : Le Film, Space Jam ou Batman and Robin. En effet, comme pour le Nerd, il y a cette fascination pour le mauvais sous toutes ses formes, la plupart des reviews s’apparentant à des pamphlets cyniques et cruels. Bien sûr, c’est parce que c’est plus rigolo. Mais, d’autre part, les épisodes ont une prétention analytique, identifiant des procédés marketing ou des méta-concepts diablement intéressants. Le plus emblématique de ceux-ci reste le « Big Lipped Alligator Moment » (ou BLAM), référence à une obscure scène du dessin animé de Don Bluth Charlie, mon héros (1996). Le concept désigne toute scène complètement inutile dans une œuvre, relevant souvent du délire personnel de l’auteur et n’ayant aucune incidence sur le scénario, et dont on ne reparle plus jamais par la suite.

A ce propos, un site est passé maître dans l’art d’analyser et de décortiquer les clichés de la culture pop d’hier et d’aujourd’hui : TVTropes. En somme, TVTropes est un wiki qui consiste à référencer le maximum de « tropes » (procédés scénaristiques et de mise en scène) qu’il est humainement possible de trouver dans une œuvre. La force du site, les administrateurs le reconnaissent eux-mêmes, est le fascinant mélange de reconnaissance et de nouveauté qui saisit les esprits fragiles des internautes curieux qui osent s’aventurer sur ses pages. A la manière d’une « soirée Wikipédia », en encore plus addictif, on s’amuse à entrer ses produits culturels favoris dans la barre de recherche pour obtenir la liste des clichés et informations diverses que les fans ont pu dénicher sur le sujet. Puis, comme sur Wikipédia, on clique sur un lien interne particulièrement intéressant, puis un autre, et l’on se perd dans le système tentaculaire et intellectuellement jubilatoire du site. Devant quelques articles, on ne peut réprimer un sourire d’acquiescement ou même un « Ah ouiiiiiii exactement ! » éberlué. TVTropes est diaboliquement chronophage : « It will ruin your life », disent ses adeptes. Il est l’illustration parfaite de ce qu’ont en tête les rétrogamers, les rétroviewers, les rétro-tout : « Je vais perdre mon temps en me replongeant dans les vieux trucs cultes de ma jeunesse, mais mon esprit adulte ne va pas s’empêcher d’y trouver une prétention intellectuelle ». Fascinant.

La liste des Tropes les plus célèbres.

Les « rétrovisionneurs » ont pris le contrôle du Net. Ils ont fait leur trou, développé un business lucratif et ont su capter les vibrations d’une génération en quête de sens. Le plaisir coupable du voyage dans le temps fait maintenant partie des principaux objectifs des internautes dans le monde, après le porno et la recherche d’informations pratiques.  Mmh, traitez-moi de geek si vous voulez. Mais si nous sommes appelés à continuer la belle aventure de la création culturelle et à nous forger nos propres grands classiques des années 2010, nous restons tous de grands enfants, et la Toile fait tout pour nous le rappeler. Le phénomène gagne la France, faisant l’objet de traductions et de créations originales, et dans un monde à la nostalgie globalisée, il peut être intéressant de se demander à quoi ressembleront les rétrovisionneurs du futur. “Hello, I’m the Nostalgia Android. I’ll remember everything that exists so you don’t have to. Remember this fucking Twilight phenomenon in the early twenty-first century? What a huge catastrophe of aaaaasss!”

2 thoughts on “Les “rétrovisionneurs”, ou le nostalgia business sur Internet

  1. Article génial, très bien écrit, très fluide, très style journalistique mais pas trop quand même, pile la bonne dose pour montrer le sérieux et l’intelligence du rédacteur…
    Je me suis reconnue dans beaucoup de choses que tu dis ! Et non, Space Jam, je le répète, n’est pas un ratage complet ! Pas aux yeux d’une gamine de dix ans…

    Et Twilight n’aura pas été aussi catastrophique que prévu puisque le phénomène a un peu redonné goût à la lecture à des ados prépubères idiotes qui se rebellent contre l’école qui associent les livres avec l’école.

    Et je te hais pour m’avoir fait découvrir TvTropes qui va ruiner mon été, et mes prochaines années d’études. Si je finis chômeuse, je saurai qui blâmer…

    C’est de ta faute, et de la faute de ton article qui était bien trop mouthwatering à propos de TvTropes pour ne pas aller voir vers quoi le lien menait…

  2. Merci, merci. =)

    Space Jam, je ne l’ai pas vraiment vu, mais j’ai été très influencé par la marrade que m’avait inspiré la review du Critic. Twilight, Your Mileage May Vary (cf. TVTropes). Hin hin hin.

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