Glandons Joyeusement : Michael Jackson’s Moonwalker

Moonwalker - Pochette

Bon, sur OmniZine, on prône la diversité. On a déjà parlé de musique, de cinéma, de sports, de high-tech, d’actu… Il nous manquait les jeux vidéo. Oubli réparé avec le test de Michael Jackson’s Moonwalker, un oldie anthologique, et qui prend encore plus de valeur un mois et demi après le décès du Roi de la Pop.

A l’origine de ce truc, il y a le film Moonwalker, un blockbuster musical sorti en 1988 faisant la part belle à Bambi, offrant des clips pêchus, mais aussi et surtout un scénario complètement risible, tellement beau dans sa ringardise qu’il ne peut émerger que du plus naïf des premiers degrés. En gros, Michael doit affronter un gros mafieux bien poisseux, nommé Mr. Big, qui cherche à étendre son marché de la drogue aux enfants, à grands renforts de kidnappings et de tarentules (!). D’après les résumés et les quelques vidéos sur Internet, l’œuvre offre d’intenses moments de cinéma comme la transformation de Michael Jackson en voiture ou en robot géant. Hee² !

Du film fut tiré le jeu que je vais vous présenter. Sorti en 1990 dans les salles d’arcade, sur ordinateur et sur les consoles Sega, MJM a tout de même fait un carton auprès des fans de l’homme de Nerverland, puis a vite fait l’objet d’un culte qui commence à refaire surface depuis son décès. Alors évidemment, c’est facile de se moquer d’un jeu qui a le même âge que moi, des centaines de personnes l’ont déjà fait avant moi puis j’ai sûrement chopé deux ou trois saloperies en allant chercher la rom de ce bidule dans les tréfonds du Warp. Mais peu importe, le fait est que là, nous sommes le 2 juillet (1), et bien que chaque année je me jure que mes prochaines grandes vacances empesteront la yes-liferie et la vie d’adulte accompli, je reviens toujours à la case branleur. Ca doit être vrai ce que les filles disent, on peut pas changer les gens. Mais je vous vois excités comme des puces, démarrons cette antiquité sur le champ. J’ai choisi la version Megadrive. Elle est pas mal… J’pense.

Un son THX-MIDI (« Prrreeuuuuïïïng ») nous accueille à l’écran-titre de Moonwalker. En réalité, les vingt premières secondes du jeu puent vraiment la classe. Sans déconner. On arrive au menu principal et on s’aperçoit, ô grande surprise, que l’on peut jouer à deux au jeu. L’ennui, c’est que personne dans votre entourage n’est arrivé à votre état de délabrement pour s’éclater sur cette rom avec vous. Vous sélectionnez donc le mode un joueur, et une brève animation nous montre une voiture volante se métamorphoser en Michael Jackson. Notre héros jaillit dans un club mal famé et, d’une pichenette classieuse accompagnée d’un « Cliiiiiing », éjecte une pièce dans le jukebox, qui se met à jouer une version 8-Bit de Smooth Criminal. Ca y est, vous pouvez éteindre le bazar, c’était le meilleur instant du jeu. Si, si, un des moments les plus mémorables de l’histoire du jeu vidéo vient de se dérouler devant vos yeux. Le reste est superflu, mais on va le faire quand même puisque nous sommes jusqu’au-boutistes.

On passe du mythique au glauque : l’objectif de Michael dans chaque niveau est de récupérer une quantité donnée d’enfants éplorés, dissimulés dans des cavernes, des poubelles ou encore derrière des pierres tombales. Il suffit de toucher les morveux pour qu’ils poussent un « Michael ! » joyeux, et ils sont sauvés. Un principe qui laisse songeur. Comme je l’ai lu sur un autre site, la vanne est facile : « Dérangeant : Mario collectionnait les pièces, Michael collectionne les enfants ».

Vous savez c’est quoi le plus glauque ? Les enfants redonnent de la vie.
Vous savez c’est quoi le plus glauque ? Les enfants redonnent de la vie.

Évidemment, on ne vous laisse pas faire aussi facilement : de nombreux ennemis s’en prennent à votre auguste personne, du mafieux stylé au traditionnel zombie, en passant par les chiens hargneux et les araignées relou. Pour se défendre, Michael dispose de la plus puissante de toutes les magies : la danse. Vous pouvez donc balancer des petites étincelles bleues avec vos pieds, qui propulseront vos ennemis au loin, ou encore faire un tourbillon comme un Crash Bandicoot avant la lettre. Si l’on tournicote assez longtemps, le deuxième moment fort du jeu se déroule devant nos yeux : tous les ennemis présents à l’écran se placent en rang autour de Michael et commencent à danser, synchro avec lui. Seulement voilà, c’est Michael Jackson gros, et on ne gagne jamais contre lui dans un battle de danse. Michael leur met donc leur race et les adversaires ne tardent pas à s’effondrer sur le sol avant de décéder. Evidemment, cette attaque nucléaire a un prix : elle vide la moitié de votre barre de vie, il s’agit donc de l’utiliser à bon escient. Car si votre barre de santé plonge dans le rouge, c’est la grosse galère après : Michael n’a plus aucun pouvoir magique et doit se défendre comme un type normal avec ses petits poings. Comme Michael Jackson n’est pas non plus un modèle de force physique, il est alors promis à une mort certaine. Et oui, un Michael sans ses pouvoirs, c’est un peu comme un geek sans son PC : ça fait pas long feu.

GOLIMARRR §§§
GOLIMARRR §§§

Tout ceci nous pose les fondamentaux d’un beat’em all bien classique et somme toute assez linéaire. Bien sûr, les mouvements sont variés et tout, c’est même pas si laid pour 1990, c’est super-fluide et y’a un gros boulot d’animation sachant que c’est l’un des premiers jeux de la Megadrive, on peut même faire un moonwalk (rigoureusement inutile), mais Dieu que c’est monotone… Les niveaux sont les mêmes salles sur trois ou quatre étages, avec des ennemis et un design qui changent en fonction de l’environnement (caverne, base militaire, cimetière…) La difficulté est augmentée par la présence d’ennemis supplémentaires, qui apprennent parfois un nouveau mouvement pour varier un peu. A la fin de chaque niveau (15 fois), Mr. Big vient vous narguer en vous riant au nez et en prononçant la même phrase avec une bulle de BD mal faite, après quoi déboule un déluge d’ennemis qui tient parfois du bataillon gigantesque à la This Is Sparta. C’est parfois sacrément dur, sachant que la smart bomb de la « danse fatale » ne les tue pas toujours en un coup. Alors, quand dix zombies sautent dans tous les sens et se séparent en deux pour faire voler la moitié supérieure de leur corps qui vous lâche des organes sur le coin de la tronche, ça finit par les briser menu. C’est bien simple : je n’ai pu terminer le jeu (car je suis allé au bout du délire pour cet article) qu’en faisant le truc de raccroc suprême : enregistrer ma position avec le logiciel d’émulation tous les trois mètres. Et même malgré ça, j’en ai chié des bulles.

Notez comme il craint le regard de Michael : il préfère s’esclaffer de profil.
Notez comme il craint le regard de Michael : il préfère s’esclaffer de profil.

Il n’y a bien que la fin du jeu pour briser la monotonie du soft, où l’on bascule dans un grand n’importe quoi. A la fin du dernier niveau, une trentaine de types en scaphandre déboulent pour tenter de trucider Michael une énième fois lorsque soudain, une étoile filante tombe du ciel et métamorphose notre héros en un mécha bwqd qui peut tirer des lasers dans tous les sens et balancer des grenades dans la face de ses ennemis. Vous allez sans doute voir ça d’un œil plutôt perplexe et vous demander ce qu’une transformation en robot guerrier a à voir avec l’œuvre musicale de Michael Jackson, mais putain on s’en branle, que ça fait du bien. Un grand moment de plaisir après avoir essuyé des tirs de lasers et des offensives mortelles pendant quinze niveaux.

Destruction ! ... Désolation !
Destruction ! ... Désolation !

Mais, attendez, le meilleur arrive après. Une fois les derniers zigues anéantis, un écran de texte à la « Lame Video Game Ending » vous explique que tous les méchants ont été massacrés et que les enfants sont maintenant en sécurité. Cependant, il reste… Tatatiiin… L’AFFRONTEMENT AVEC MR. BIG ! L’enfoiré s’est tiré dans l’espace. Ni une, ni deux, Michael décide de se changer en voiture spatiale et de régler son compte au mafieux, qui devait tout de même avoir un putain de réseau pour se payer une armada de vaisseaux spatiaux dernier cri. La phase de shoot est carrément culte : on se fait d’abord ruiner la gueule par la cinquantaine de vaisseaux qui foncent sur votre pomme, ou plutôt sur votre cockpit, avant de comprendre qu’il y a un radar à droite qui indique la position du boss. On canarde alors un peu partout en priant pour que les tirs atteignent Mr. Big pendant que ce dernier vous spamme votre écran central à base de petits commentaires bien énervants de Méchant stéréotypé du type « Une petite surprise pour toi, hin hin hin ». Evidemment, le tout est complètement risible, on n’arrive pas du tout à détecter l’impression de mouvement spatial et on dirait plutôt qu’on joue à Centipede sur un timbre-poste. M’enfin bien sûr, Michael est un bogoss et il finit toujours par triompher sur ses adversaires : après quatre ou cinq tirs réussis, Mr. Big explose dans le firmament dans un « Noooo » jubilatoire. Un simple « Congratulations » s’affiche et rideau sur les aventures de Michael Jackson au pays du n’importe nawak commercial.

Quand il se transforme en voiture, Michael klaxonne. Hahahahahaha.
Quand il se transforme en voiture, Michael klaxonne. Hahahahahaha.

Définitivement, le gros plus du jeu réside en sa bande-son : ça a tout de même infiniment plus de style de parcourir des niveaux avec Beat It ou Thriller, même synthétisé cheapement en fond musical qu’un énième Pépépépeupeupé Marioïque. On ne sait pas combien d’argent a nécessité le fait d’avoir le roi de la pop et ses tubes dans le jeu, mais on devine que ça a dû coûter très très très cher à Sega. Gros plus donc pour ces ziks, encore que la version de Bad qui revient systématiquement dans les derniers niveaux maxi-durs commence maintenant à me sortir par les oreilles. Gros moins cependant pour ce paquet sonore, les cris de taffiole de Michael qui accompagnent chaque attaque ou chaque perte de points de vie. Alors oui, un petit Woo suraigu c’est marrant à petite dose dans une chanson, mais je ne pense pas que ce soit très agréable d’avoir l’impression de jouer à une simulation de Laurent Ruquier pendant deux heures.

Entre les niveaux, Michael pousse occasionnellement un petit Woo des familles. C’est pas mal… J’pense.
Entre les niveaux, Michael pousse occasionnellement un petit Woo des familles. C’est pas mal… J’pense.

Voilà, on a à peu près fait le tour de MJM. Le jeu a eu du succès, mine de rien. Un bon trip solo, assez glauque, un peu casse-couilles par moments, mais qui garantit une bonne rigolade express à qui veut dédramatiser la mort de la plus grande star du monde pour quelques minutes. :’( M’enfin, ne rêvez pas, ça reste un bon gros nanar ludonumérique bancal à souhait. Un magazine américain avait classé Michael Jackson’s Moonwalker comme la huitième plus mauvaise idée de jeu vidéo à licence dans l’histoire de l’humanité. Je me demande surtout qui sont les sept premiers. Des idées ? Hee-hee !

(1) : Article originellement publié le 2 juillet 2009 sur le blog d’Alex.

One thought on “Glandons Joyeusement : Michael Jackson’s Moonwalker

  1. Et pour ceux qui veulent tester, une petite recherche Google et le tour est joué ! Pour la version Megadrive, je vous conseille l’émulateur Kega Fusion.

    Tout ça pour dire que que j’ai moi aussi franchi le pas : n’hésitez pas à faire comme nous, ce jeu, c’est quand même une grosse barre de rire assurée !

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