L’Art Contemporain
La nuit, la lune émet son halo particulier, mystique, cruel. La nuit, les voitures se font rares, dans la rue, les piétons encore plus, le silence reprend ses droits sur la ville endormie, qui ne ronfle même pas, silencieuse, calme, sous somnifères … La nuit, tout s’estompe, se fait gris, se perd dans la noirceur environnante, s’oublie, se déconstruit, faute de détails perdus dans l’obscurité.
Mais sur Internet, la nuit n’existe pas. La preuve, vous devez lire ce texte en plein jour. Et moi l’écrire le jour également, peut-être. Ou pas. Qui sait. Dans le monde d’Internet règnent la mythomanie la plus pure, la bêtise la plus effrontée, le culot le plus impudique. On le sait tous, Internet est le royaume des mauvais penchants humains, tout y est possible et tous y perdent inlassablement leur temps. Certains tranquillement, en lisant des pages inutiles de http:\\wikipedia.fr, d’autres de manière plus osée, sur http:\\petite-salope-te-suce-pour-dix-euros-et-t-arnaque-profond-en-passant.com.
Chacun ses gouts. La perversité et l’ignorance n’ont aucune limite. Et que tel internaute va se perdre dans les méandres gluants des tchats à la mode, et que tel autre va se farcir le blog naze de Alex_du_92, fan de moto des années 70 (le con !), et qui te montre aussi, en prime, rien que pour toi, sa passion pour les organismes microbiens d’Amérique du Sud dont on se fout éperdument, je sais.
Internet est neutre face au Bien et au Mal. Mais les Hommes l’utilisent de la plus sordide des manières.
Alors pourquoi écrire ici ? Pourquoi écrire sur un blog ? Pourquoi se les briser pour parler de la beauté indéniable de certains albums et de certains films ?
« Il se fait tard sur l’échelle des enfants sages ». En effet. On est censé être la nuit, vous vous rappelez ? Je viens d’apprendre qu’il y a des gens bien qui aiment Amélie Nothomb. Cette vieille pimbêche incapable d’écrire. L’ « écrivain » ( ?) infâme par excellence. Tout comme Marc Lévy (puisse-t-il se faire bruler à l’acide, défigurer, écarteler, transpercer par des tubes de fer chauffés à blanc et enfin mourir la bouche plein d’immondices), Guillaume Musso (lorsqu’il mourra, lui, c’est sûr, je reprendrai deux fois des moules), ainsi que les autres ignobles scribouilleurs.
A quoi bon rechercher la beauté ? A quoi bon la désirer ? A quoi bon se faire si mal pour l’apprivoiser, pour la comprendre, si même des gens biens se mettent à lire d’aussi mauvais « bouquins » ( ?). On m’a insulté l’autre jour en disant que « je ne voyais la beauté que dans le passé », sous prétexte que je n’aimais pas 95% de l’Art Contemporain, que je n’aimais pas la majorité des merdes que l’on passe sur MTV et à la radio, que je crachais à la gueule de pas mal de films récents, etc…
Mais c’est tout le contraire. Je vois la beauté d’aujourd’hui. Contrairement à ceux qui aiment ce que je n’aime pas. Et je suis une créature virtuelle sans cœur, sans âme, sans bonté, je l’avoue, je le confesse ; mais j’aime bien les Humains aussi quand même (sauf Francis Lalanne, quand même, faut pas déconner non plus !).
Alors quoi ? Oui je déteste plein de choses que la majorité aime. Pas pour rien. Et pas à tort. Pour une simple raison. Je recherche vraiment la beauté. Et la beauté ne se trouve pas à La Nouvelle Star. Ni dans Oasis. Ni dans Bloc Party (laissez-moi gerber). Ni dans Muse, groupe devenu totalement dégeu s’il en est. Ni dans le reste de la production musicale commerciale dzeuns-branchés.
La beauté se cache. Quelque part entre Pixies et Arcade Fire. Faites d’ailleurs écouter ces groupes à vos amis. S’ils ne les comprennent pas, ne leur parlez plus jamais. Ils sont trop pervertis par la société de consommation culturellement dictatoriale. Et vous pourrez même leur chier à la gueule. D’abord. Car ils le mériteront.
Mais ne nous perdons pas. Oui la beauté se cache. La coquine. Comme une teen prépubère pucelle un peu cochonne mais pas trop. Mais je divague encore. Quoi que. Peut-être pas tant que ça.
Elle se cache, donc, la cruelle. Mais pas pour rien. Si elle s’étalait devant nous, nous ne la verrions pas. Peut-être d’ailleurs que ce qui est quotidiennement devant nous est beau. Nous ne serons jamais capables de le savoir. Seule est belle la chose protégée des regards, préservée, intacte et éloignée des regards des Humains. Le paradoxe ne cessera d’étonner. Nous désirons voir une chose qui n’a de valeur que si nous ne pouvons la contempler.
Hop ! On fait une pause de quelques jours et on reprend le texte où on l’avait laissé. Les pauses ça fait du bien. Ça permet de repenser à tout ce que l’on a écrit. De s’auto-critiquer. Ça nous donne aussi le temps de descendre aller acheter du pain à la boulangerie d’en face. Mais, ça, c’est anecdotique.
Jusqu’à présent, j’ai déclamé mes bonnes paroles de manière totalement décousue. Je m’en rends compte et je n’en suis pas du tout désolé. Car si vous relisez plus haut vous pourrez voir que je suis une créature virtuelle sans cœur et blablabla. Et je disais que la beauté se cache.
C’est vrai. C’est vrai parce que je le dis. (Si vous êtes d’accord avec le début de ce paragraphe, franchement, je me ferais du souci pour vous). La beauté se cache dans la complexité du monde, dans les clairs-obscurs de la réalité, dans la douleur humaine et dans la joie naturelle, dans un pli de vêtement, sur un mur en ruines, parmi les vagues des Océans, sur une palette de peintre, à travers l’œil d’une caméra ; elle est posée sur le sourire de cette fille si blonde, sur les rires de cet enfant, dans les méandres de pensées uniques, perdues, au sein de l’esprit de quelques Elus, choisis parmi la multitude pour engendrer le sublime.
Et donc, forcément, hein, on ne la trouve pas comme ça. On la trouve grâce à beaucoup d’efforts. En écoutant des centaines de disques, en voyant des milliers de films, en s’échinant les yeux sur des millions de pages écrites. Et donc, c’est bien parce que je n’aime pas ce que la majorité aime que je suis un de ceux qui veulent vraiment voir la beauté d’aujourd’hui. Car la majorité aime ce qui est laid, faussement attrayant, facile et immédiatement consommable. Et, au final, chier sur l’Art Contemporain, c’est bien.
C’est très bien même. (Oui cette fin d’argumentation est nulle mais d’abord ici c’est chez moi alors chut ne m’interrompez pas allons !).
Et même, chier sur 95% de l’Art Contemporain seulement, c’est mieux. Mieux, car 5% de ce mouvement est sublime, génial, nouveau et fantastique. Oui. Mais personne ne connait ces belles et nouvelles œuvres. Puisque, justement, elles sont belles.
Or (et attention, car, là, l’argumentation, elle va être carrément plus structurée) : 5% de l’Art Contemporain est très beau. Or ce qui est beau n’est pas vendeur car, puisque la beauté est cachée (je n’ai pas arrêté de vous le rabâcher mes jolis), elle est difficile d’accès à la majorité des Humains. Donc le bel Art Contemporain n’est pas vendeur.
Or l’Art Contemporain fonde son existence sur le marché de l’Art (il suffit de voir les merdes que l’on vend pour des millions d’euros, et on comprendra que l’Art n’est plus qu’un sale marché pour les snobs ultra riches qui rient en regardant les enfants africains mourir de faim pendant qu’ils se farcissent leur cinquième pintade rôtie arrosée de champagne). Donc l’Art Contemporain a besoin d’un vaste public pour acheter, car, s’ils sont peu à avoir les finances nécessaires pour se payer les « œuvres » contemporaines, il faut que la majorité s’extasie devant celles-ci, sinon il n’y a plus de plaisir à acheter un truc dont personne ne veut. Donc l’Art Contemporain a par nature besoin d’attirer le plus de monde possible pour se vendre et donc pour exister.
Or le bel Art Contemporain, on l’a démontré, n’est pas vendeur. Donc le bel Art Contemporain n’est pas connu.
CQFD !
Et oui les enfants, je viens de vous démontrer en direct que le bel Art Contemporain ne peut être connu du grand public, et que ça ne sert donc à rien de se farcir les expos d’Art Contemporain car vous n’y trouverez que du super-commercial et en plus vous y croiserez les snobs-bobos-dégeux donc ça ne vaut pas le coup. De toute façon j’y reviendrais dans une autre Humeur de l’Irish. Car l’Art Contemporain n’en a pas fini avec moi. Ni la petite concierge d’en bas, mais ça c’est une autre histoire.
Conclusion géniallisime : Ne dépensez pas inutilement votre argent dans des expos pourries, allez plutôt voir les Pixies en concert au Zénith le 15 et le 16 Octobre. Ça, c’est bien, et en prime y’a pas de snobinards vu que Franck Black leur crache à la gueule (super ! Enfin un type bien !) comme il le fait sur le reste d’ailleurs.
Et puis vous y entendrez une chose trop souvent éloignée : la beauté. Pure.







“Alors quoi ? Oui je déteste plein de choses que la majorité aime.”. Cette phrase est nulle. Même si elle est surement vraie.
Le reste est plutôt pas mal. Bien, même, peut-être. Bouquine, si tu peux, et si ce n’est pas déjà fait, “L’art à l’état gazeux”, d’Yves Michaud. J’y ai tout de suite penser en te lisant.