Dédé l’oiseau, la poule aux oeufs d’or

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Voilà un artiste qui a bien fait de ne pas être français. C’est vrai, imaginez qu’il eût été français… André Loiseau, tout de suite moins attirant comme patronyme pour un artiste connu. Blagues mises à part sur son nom, Andrew Bird fait partie de ce genre d’artistes inclassables. Tour à tour jazzman, chanteur de folk, de pop-rock ou encore siffleur de classe mondiale, Andrew Bird est un véritable one-man-band – il lui arrive souvent d’arriver sur scène avec son violon dans une main et sa guitare en bandoulière – qui n’a pas peur du mélange du genre. Et dire que le mélange est réussi n’est qu’un euphémisme. Petite étude de cas avec le meilleur album d’Andrew Bird selon moi, The Mysterious Production of Eggs, sorti en 2005.

Andrew BirdCet album résume parfaitement Andrew Bird : mélodies à la fois élégantes, douces et plus rythmées, voix suave,  violons et guitares qui se mélangent dans une harmonie totale, des paroles sibyllines et surtout, un véritable sifflement d’oiseau – sur ce coup, Andrew Bird porte vraiment bien son nom. Avec tous ces éléments, Andrew Bird nous emporte dans son univers, complexe et complètement décalé comme dans “Opposite Day” dans laquelle il évoque sa transformation en insecte, tel Kafka dans la Métamorphose. Et que dire de l’enchaînement magique “A Nervous Tic Motion of the Head to the Left”/”Fake Palindromes”. Derrière de fausses apparences de simplicité se cache une musique dense, complexe, qui ne révèle tout son potentiel au bout de nombreuses écoutes. “A Nervous Tic Motion of the Head to the Left” concentre tout Andrew Bird, avec, encore une fois, mention spéciale au sifflement, tout simplement enchanteur. Quant à “Fake Palindromes”, avec ses paroles dénuées de sens – donc géniales –, l’introduction au violon donne le ton : Andrew Bird n’est pas que cet artiste qu’on pourrait trouver mielleux à première vue ! Andrew Bird a parfaitement réussi avec cet album à dynamiser et à durcir sa musique sans pour autant perdre son côté atmosphérique et calme, qui a fait la force de ses deux premiers efforts individuels, Music of Hair (1996) et Weather Systems (2003).

Parlons donc des autres albums d’Andrew Bird qui, s’ils ne sont pas aussi bons que The Mysterious Production of Eggs, n’en demeurent pas moins très bons. Comme je viens de le dire, Music of Hair et Weather Systems allient douceur et élégance avec maestria, mais manquent selon moi de ce petit quelque chose qui fait de The Mysterious Production of Eggs un chef d’œuvre. Armchair Apocrypha, paru en 2007 et plutôt mal accueilli par les critiques et les fans, continue sur la voie entamé par The Mysterious Production of Eggs, à savoir une durcification du son, mais perd malheureusement l’ « atmosphérisme »  – désolé pour le néologisme J – des précédents albums. Enfin, Noble Beast, sorti en 2009, marque le retour d’un Andrew Bird plus posé, moins torturé que dans Armchair Apocrypha, pour un résultat presque aussi convainquant que The Mysterious Production of Eggs.

Pour finir avec Andrew Bird, une petite vidéo live de l’oiseau.

Et oui, en live, comme tous les grands artistes, Andrew Bird parvient à réinventer constamment ses morceaux, notamment en samplant en direct de façon très judicieuse des petits passages au violon et à la guitare. Le résultat n’en est que plus unique.

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