Candlemass – Death Magic Doom

Il n’est pas possible de parler de la sphère doom metal sans évoquer le nom ô combien révéré dans ce milieu de Candlemass. Ce groupe, mené par le bassiste Leif Eidling, est l’un des pères fondateurs du genre. Et même 25 ans après leurs débuts et un changement de chanteur (ils sont passé de Messiiah Marcolin à robert Lowe, ex-Solitude Aeternus), il faut dire que les Suédois défendent toujours très bien leur trône.

Son Le son de Death Magic Doom se veut simple et efficace : le grain est massif et organique. Les guitares sont crasseuses mais les leads (assez nombreux) sont parfaitement clairs. La batterie n’as pas la reverb que le groupe affectait à ses début : l’ambiance désespérée est installée par les compositions, sans colorants ni conservateurs. On note ici et là des touches de claviers (principalement un son d’orgue) judicieusement placées. Eidling ne se la joue pas du tout mégalo et sa basse est souvent un peu noyée dans le mix, mais après tout tout le monde reconnaît que le son de Candlemass, c’est lui. On est aux antipodes de Joey DeMaio …
Son brut, album brut : huit titres, pas plus, des compositions à la durée moyenne de 6 minutes- mais ce n’est qu’une statistique, chaque morceau a la bonne longueur, enfin presque. C’est-à-dire que si le doom pur et dur vous fait grave chier, vous n’aimerez qu’un quart de l’album, soit les deux morceaux plutôt up tempo qui gardent malgré tout une noirceur délicieuse : If I Ever Die, le morceau d’ouverture, doté doté d’un riff tueur, commence sur des larsens qui annoncent la couleur … Le break a cappella audacieux rappelle que Candlemass donne dans un doom “épique” (cf l’album Epicus Doomicus Metallicus). Quant au deuxième morceau plus agressif que la moyenne, il s’agit de Dead Angel, dont le riff d’intro, old school et savoureux, nous replonge dans les early 80’s crasseuses de joyeux drilles comme Mercyful Fate.
Malgré tout, si ces morceaux sont effectivement doom, le genre reste connu pour ses longs morceaux lents et dépressifs. Et Death Magic Doom n’est pas en reste, proposant de très belles réussites dans ce genre. Après le headbanging à la limite de la transe sur If I Ever Die, voilà que Eidling dégaine le morceau le plus lourd de la galette : le bien nommé Hammer of Doom. Ce titre fout la trouille. The Bleeding Baroness est le morceau plus ambitieux du disque : cassures rythmiques, refrain épique et désespéré, qui montre qu’Eidling est toujours un songwriter plus que compétent. Restent donc quatre titres de doom somme toute classiques mais efficaces : Demon of the Deep fait figure d’outsider relatif avec son intro en clean. Une wah vicieuse complète à merveille ce morceau au thème lovecraftien. Petite mention “peut-mieux-faire” pour le refrain de My Funeral Dreams dont le phrasé est rigoureusement le même que celui de Hammer of Doom …

Chant et textes Comme sur l’album précédent, le chant est assuré par Robert Lowe. Sa voix est plus dans un registre heavy classique que Messiah Marcolin qui donnait une chant très reconnaissable au groupe, mais ne boudons pas notre plaisir car sir Lowe fait très bien son boulot. Le bougre est en effet capable de produire un chant très nuancé, autant de s’impliquer à fond ( cf le refrain de Hammer of Doom ou le break de If I Ever Die) que de chanter dans un registre plus doux (les couplets de Demon of the Deep). Bref, une voix de qualité et une personnalité indéniable. Que demande le peuple ?
Les paroles écrites par Leifounet donnent dans l’imagerie doom classique, à mi-chemin entre narration et énumérations d’images sombres (“The black rhapsody I cannot breathe inside my tomb …”) On trouve également des choses un peu inattendues comme le personnage assez étonnant de If I Ever Die.

Impression Le titre de l’album ne ment pas : Death Magic Doom. “Promesse tenue”, comme dirait l’autre. Candlemass livre ici un très bon album, peut-être bien un futur classique, en tout cas une excellente initiation au style par l’un des pères fondateurs. : la production est léchée mais loin d’être surfaite, les morceaux sont bons et relativement variés sans rompre avec un esprit doom vraiment conservé. Evidemment, les amateurs de son exclusivement catchy et souriant passeront leur chemin.  Reste que ce groupe est un incontournable pour tout amateur écletique de metal et que ce disque ne dépareille absolument pas dans sa discographie. Une très belle réussite à tous points de vue.



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