Chickenfoot – Chickenfoot

Il est un peu tard pour publier une critique de cet album, vu qu’il a créé un buzz impressionnant l’été dernier, mais après tout, “mieux vaut tard que jamais”, comme dirait l’autre. Pourquoi un buzz ? Parce que le groupe s’annonçait comme un véritable “supergroupe” : Sammy Hagar au chant (ex-Montrose, ex-Van Halen), Michael Anthony (ex-Van Halen), Chad Smith (Red Hot Chili Peppers) et surtout Joe Satriani à la guitare. Du bien beau monde, en vérité, et qui en a fait baver plus d’un à l’annonce de la sortie du premier album éponyme du groupe, moi parmi les premiers.
Etant donné que Satriani a annoncé avoir déjà commencé à composer pour le second album de la formation, il était plus que temps de se pencher sur cette première galette de onze titres.

Son Le disque a un son propre et léché, ce qui n’est pas étonnant vu le CV des membres … Satriani a produit seul plusieurs de ses albums solos et sait sortir le meilleur d’un studio d’enregistrement. Tout est clair, tous les instruments s’entendent bien, on sent que les quatre potes on pris leur pied sur cet album. Résolument rock, les morceaux sont pour la plupart très efficaces, ce qui fait qu’on leur pardonne un certain nombre de clichés : My Kind of Girl est le morceau-single type, mais il est joué avec tellement d’enthousiasme et sans que le groupe ne se prenne au sérieux que l’on ne tarde pas à y entrer avec plaisir. Oh Yeah, Soap on a Rope, Get it up sont directs et bien groovy, tandis que Down the Drain est un véritable hommage à Van Halen. Le morceau le plus mémorable de ce disque reste pour moi Sexy Little Thing et son thème à la guitare phénoménal. Parlons un peu des instruments, tiens : la batterie est superbement assurée par un Chad Smith toujours efficace et jamais démonstratif, à mon sens une leçon de groove pour tous les batteurs en herbe. Quant à la basse, elle est correctement audible – ce qui est déjà un bon point quand on considère la tendance actuelle à la noyer sous des overdubs de guitares – et remplit bien son rôle, à savoir donner une architecture rythmique efficace au groupe. Il n’y a en fait aucun passage vraiment technique technique sur cet album, un aspect qui en a d’ailleurs rebuté plus d’un. Si les chansons ont un côté “évidentes”, on note malgré tout quelques petites surprises : le morceau d’ouverture, Avenida Revolucion, donne dans un heavy rock aux frontières fluctuantes, tandis que Oh Yeah ! se voit gratifié d’un subtil break instrumental.

Chant et textes J’ai eu l’occasion de lire beaucoup de commentaires méprisants sur la voix du sieur Sammy Hagar, et je ne les trouve vraiment pas justifié. Le bougre a une voix puissante et efficace, l’archétype du chanteur de bon vieux rock qui monte dans les aigus sans perdre du grain ni de l’esprit. C’ets d’ailleurs un peu ce qui le sauve sur cet album, car si c’est un chanteur plus que compétent, il faut avouer que les textes ne volent pas bien haut. Ca parle principalement de filles, de sexe et de rock’n roll … Vous allez dire : “oui mais c’est un pur groupe de rock, c’est normal”, et vous auriez raison. Le vrai problème vient surtout du manque d’inspiration de Hagar dès qu’il tente de s’intéresser à d’autres sujets : Future in the past ne va nulle part, tandis que la ballade-cliché Learning to Fall barbote elle aussi … On espère sans trop y croire que le niveau sera relevé dans l’album à venir …

Impression Mitigée. Les supergroupes ont toujours été la source d’attentes nourries de la part des fans (à la même période, Them Crooked Vultures avait aussi été à l’origine d’une hype considérable) et hélas, souvent, déçoivent. Si il ne faut pas déplorer l’aspect simple de ce disque (que je préfère de beaucoup à un disque démonstratif et masturbatoire), le groupe ne propose pas l’expérience marquante que tout le monde attendait avec ferveur, du moins sur enregistrements. (de nombreux compte-rendus de concerts contredisent ce point). Ca joue bien, avec bonne humeur et une bonne mises en place, mais trop de morceaux sont anecdotiques : Get it Up, Learning to Fall, Down The Drain, même Future in the Past, qui se voulait être une longue chanson jam, ne présentent finalement pas un grand intérêt … Les solos de Satch, membre qui a à coup sûr le plus de fans en tant que musicien dans le groupe (peut-être avec Smith) se révèlent être des phrasés satrianiens typiques transposés ou des plans bien rock, là encore efficaces mais … Mais. Dommage. Essai à confirmer sur le second album.

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