Dream Theater : un rêve progressif

2009 sonne comme l’année de la révolte des vétérans : retour fracassant de Lance Armstrong, début de l’ultime tournée triomphale de Johnny Hallyday. Dans notre monde devenu incertain compte tenues des déboires économiques et sociales, les valeurs sûres démontrent que nous pouvons toujours compter sur elles. Ainsi, Dream Theater ne déroge pas à la règle, et au contraire suscite de nos jours un engouement sans précédent.

Pour la première fois de leur longue carrière de plus de vingt ans, Dream Theater a vu un de ses albums (Black Clouds & Silver Linings) connaître des débuts tonitruants. Ce qui est largement mérité pour ce groupe qui porte à bout de bras ce style unique qu’est le rock progressif, style présentant l’alchimie parfaite entre le rock, le jazz, la musique classique sans oublier l’électro. Ainsi, Dream Theater se présente comme l’héritier incontesté et incontestable de groupes mythiques comme Queen, Pink Floyd,…

Mais ce qui distingue Dream Theater de ces deux groupes et ce qui fait le charme de ce groupe est la perfection technique des musiciens. Alors que Queen, par exemple, comptait dans ses rangs le génial Freddy Mercury et le guitar hero Bryan May comme purs musiciens techniques. Dream Theater compte, quant à lui, un guitar hero (John Petrucci), un Batteur hero (Mike Portnoy), un bassiste hero (John Myung), un claviériste hero (Jordan Rudess) et un chanteur zéro (James Labrie). Jamais le travail technique de chaque instrumentaliste n’a été poussé aussi loin. Dream Theater, c’est la Seleção du musicien. N’oublions pas que le groupe a été formé dans la prestigieuse école de musique de Berklee qui a également eu comme élève Diana Krall, John Mayer, Steve Vai, Quincy Jones et… André Manoukian (désolé).

Ce qui explique la longévité d’un tel groupe est certes ce style souvent imité, jamais égalé avec les solos endiablés, les chansons de 12 min minimum, les mélodies à la beauté légendaire et j’en passe. Mais la longévité et la popularité du groupe est sa capacité à se remettre en cause à chaque album. Ainsi, un album du groupe sera plus connoté jazz (Falling Into Infinity de 1997), tandis qu’un autre plus electro (octavarium) voire un opus plus « métal » comme train of thought.


dtmetroL’innovation et le challenge sont aussi les maître-mots ancrés dans la philosophie du groupe. En 1999 sort le chef d’œuvre de la troupe : Metropolis 2: Scenes From a Memory faisant part belle aux mélodies sensuelles : La musique est au sommet de ce qui existe en métal progressif, avec des passages lents et tristes, des solos empruntés au jazz, et des leitmotivs faisant office de fil conducteur. Plus qu’un Opéra rock, c’est un concept album : l’album décrit une histoire du début à la fin (comme dans The Wall de Pink Floyd), en deux actes et neuf scènes (12 titres au total). Sans rentrer dans les détails, voici un bref synopsys : pendant une séance d’hypose, un certain Nicholas découvre dans sa mémoire des scènes de la vie d’une jeune femme, Victoria, ayant vécu en 1928. Il parviendra à élucider les circonstances troubles de sa mort, en mettant à jour un double crime camouflé en suicide.

Une version live sortira de ce rêve progressif : Live Scenes From New York, sorti la veille des attentats du 11 septembre et représentant New York et les tours jumelles enflammées, il fut un temps retiré de la vente pour que la pochette soit modifiée…

Longtemps adulé puis voué aux gémonies par ses détracteurs, Dream Theater semblait être condamné à cette étiquette d’has been. Pourtant, tel le phénix, DT a su renaître de ses cendres et imposer de nouveau son style, à une heure où les surfeurs « rockers » ont le vent en poupe. Certes, ils ne connaîtront jamais la gloire d’un Queen ou d’un Pink Floyd, l’écoute étant (trop ?) difficile pour le consommateur lambda avide de Charlie Winston. Mais Dream Theater, c’est autre chose qu’une musique que l’on écoute dans sa voiture.

3 thoughts on “Dream Theater : un rêve progressif

  1. J’ai été un des fans de Dream Theater de la première heure mais je me suis tourné du côté obscur. On dit qu’il y a deux types de fans, les pré-SFAM et les post-SFAM. Je pense faire partie des premiers car j’ai découvert le groupe alors que je n’étais encore qu”un ado et je m’en suis payé des concerts de ces géants.

    Black Clouds & Silver Linings est une vraie bombe et a remis tout le monde d’accord.

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