Dream Theater – Systematic Chaos

“Ah ouais, Dream Theater, c’est d’la me … Du prog’, ouais …” Voilà ce que le fan de metal progressif  (aka pas moi, mais mettez-vous dans la peau du personnage) entend trop souvent lorsqu’il cite le nom de ce grand groupe. Systematic Chaos n’est pas là pour l’aider à défendre cette formation originaire de Boston.

Dream Theater. Quasiment rien à redire à ce groupe, fondateur du metal progressif et toujours leader mondial du genre, formé de musiciens émérites (c’est rare que j’écrive cet adjectif tiens). Mais la plupart des excellents groupes font des erreurs de parcours non ? Ben quasiment pas … Sauf peut-être pour Dream Theater avec ce Systematic Chaos …

Son Rien à dire sur le mastering, exemplaire, tous les instruments servent à quelque chose à différents moments. Le problème de Systematic Chaos est simplement qu’il est composé aux chiottes, c’est-à-dire qu’il n’a coûté aucun effort à Portnoy & Co. Les morceaux, d’une durée moyenne de dix minutes se révèlent à l’écoute assez répétitifs. suite de riffs asymétriques, shreds extrêment précis, parfois un ou deux pétages de câbles (le clavier suraigu de Constant Motion) mais toujours la même couleur. J’ai tenté l’expérience d’écouter cet album du début à la fin … C’est comme ça qu’on se rend compte du vide assez préoccupant sur lequel Systematic Chaos est construit. Alors certes, pris indépendamment, la plupart des morceaux fonctionnent plutôt bien, si l’on est pas trop exigeants. Mais dommage, quand j’écoute Dream Theater, j’aime m’en prendre dans la gueule. Constant Motion est un bon morceau, tout comme The Dark Eternal Night, si l’on oublie le couplet chiant et faussement metal que l’on pardonnera vu la présence d’un vibraslap pendant le break prog. Tiens voilà un truc qui fait que tous les morceaux sonnent pareil : chacune des pistes semblent prétexte à des jams progressives entre les musiciens sans réel souci de composition cohérente. Alors bien sûr c’est très loin devant pas mal de groupes niveau idées sympathiques, mais il n’empêche que arrivé à la moitié de l’album, pfouuuh … Surtout que les morceaux les moins longs, Forsaken et Prophets of War sont très décevants, le premier parce qu’il est un single raté de metal mélodique avec intro au piano stéréotypé et sans émotion – rare que je n’aime pas la voix de LaBrie, mais là, non – et quant au deuxième, c’est un pastiche sympathique de Muse sans grand intérêt. Mais les pistes les plus longues, si elles restent des bons morceaux de metal prog, son décevantes de la part d’un Dream Theater qui joue la carte d’un album qui se voudrait parmi ses opus les plus metal sans arriver le moins du monde à égaler Train Of Thought où là les riffs étaient consistants et les morceaux, bien que moins foisonnants de sons différents, étaient plus subtils et complexes, en un mot, plus efficaces. Peut-être que et album se veut un ToT du pauvre, avec des compositions moins longues pour accrocher l’auditeur et des morceaux “à la Dream” de plus de dix minutes et leurs longues plages instrumentales qui tournent trop souvent à la “tiens si je jouais trente secondes avec cet effet-là et puis une minute comme ça, et puis oh tiens essaye ton n°4627 sur ton clavier ça peut être rigolo”. Donc au bout de 25 minute d’album commence à s’immiscer en l’auditeur accroché (oopah) depuis Forsaken un certain sentiment de … “déjà-vu”, sans compter qu’on retrouve parfois des idées déjà entendues sur Octavarium. Alors je ne demande pas à un groupe, même au leader mondial de la scène prog, de ne JAMAIS se répéter. Mais évitez de le faire d’un album sur l’autre, les mecs …

Chant et textes Minimum syndical de la part de Dream Theater. James LaBrie fait son boulot de manière plus ou moins heureuse, secondé là aussi de manière plus ou moins heureuse (mais plutôt moins que plus) part Mike Portnoy qui doit se faire sacrément chier à jouer des morceaux presque normaux en 5/4 … Et disons-le tout net, malgré tout son talent de musicien, qu’il ait attendu si longtemps avant de jouer les vocalistes n’était pas un mal, il aurait même pu continuer. Quant aux textes, metal alarmiste sans grande prétention ( The Dark Eternal Night de Dream Theater ou The Great Darkness de Arch Enemy, même combat …)

Impression Déçu, bien sûr, par un album qui ne trouve jamais de point d’équilibre (à part peut-être sur Constant Motion, et encore,  et pendant une grande partie du premier morceau, In The Presence of the Enemies part I) entre le prog démonstratif et les morceaux efficaces. Déçu par un groupe qui ne s’était auparavant jamais reposé sur ses lauriers et même dans ses récentes parutions nous avait livré un metal prog pas forcément de l’excellence de leurs deux opus Images and Words et Awake (que je recommande chaudement, ces deux albums sont le metal progressif) mais jamais laxiste comme ici. Chaos instrumental réchauffé et joué les yeux fermés par un groupe qui le rend en effet systématique en nous livrant presque toujours le même morceau.Bien sûr les skills de compositions de Dream Theater restent très respectable, certes les tempi alternent, mais il n’empêche que les ambiances se croisent, se recroisent et qu’au final l’album se révèle très uniforme avec quelques touches sympathiques – Repentance n’est pas un morceau dégueulasse, la longue intro de In the Presence of the Enemies Part I est cool, le refrain de The Dark Eternal Night a un étonnant accent un poil power metal. Reste un album trop démonstratif pour pas assez d’idées et du talent musical énorme gâché sur un album sorti peut-être pour sacrifier à un rythme de parution régulier. Il est dommage que cet album se révèle être exactement tout ce que les détracteurs du groupe lui reprochent.



3 thoughts on “Dream Theater – Systematic Chaos

  1. Je vais de ce pas me diriger vers les deux bons albums que tu as cités pour DT. Après un petit The Best Of Times-que-j’aime-bien-parce-que-ça-sonne-comme-du-Goldman. :hap:

  2. Je voudrais pas dire, mais les albums soit dissant les plus détestés (train of thought, systematic chaos et octavarium) sont les meilleurs qu’ils aient fait!!!! Mais bon point de vue personnel ;)….mais ceux qui disent que cela ne sont pas bons ne sont pas de fans de Dream Theater…..quand vous écoutez honor thy father, stream of consciousness ou encore the dark eternal night…..me dîtes pas que ça c’esrt pas bon quand même!!!!!

  3. Ces trois albums sont très différents … Bon j’aime pas Honor Thy Father, mais sur Train of Thought on a droit à This Dying Soul, Stream of Consciousness et surtout In The Name of God, trois morceaux absolument énormes. Octavarium, le morceau-titre est une merveille, These Walls, The Root of all Evil, Sacrificed Sons et The Answer Lies Within sont de très belles réussites. Systematic Chaos, The Dark Eternal Night doit être le seul morceau que j’en écoute … Mais ça ne sauve pas l’album entier pour moi ^^”

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