Iron Maiden – The Final Frontier

Le dix-huit août dernier sortait le quinzième album de la Vierge de Fer. Quinzième album, trente ans depuis la première offrande de ce groupe désormais mythique, monument du metal et de l’histoire du rock en général, qui compte donc trente-cinq ans depuis sa formation … Iron Maiden attaque les années 2010 en bonne forme.  Quatre ans après un disque complexe mais néammoins fort apprécié, A Matter of Life and Death (l’album fut joué en entier sur certaines dates de la tournée), les attentes étaient grandes et n’ont pas été déçues. Allons donc voir ce qui se passe de l’autre côté de la frontière …

Son Au niveau du son global, l’album se caractérise par un retour au old school (les musiciens ont travaillé avec Kevin Shirley, un producteur qu’ils connaissent depuis de nombreuses années) qui “resserre” les compositions. Là où A Matter of Life and Death proposait un son large et ouvert, The Final Frontier sonne plus comme un disque fait par un groupe de rock, tout simplement. Les deux autres mots-clés de The Final Frontier sont “complexe” et “varié”. Commençons par le deuxième : la palette de compositions et d’ambiances est plus large que ce que les travaux récents de la Vierge nous proposait. Si El Dorado est le morceau-single, il fait quand même presque sept minutes. Certains morceaux sonnent comme du Maiden récent (Mother of Mercy et The Man who would be King),  alors que d’autres jettent des coups d’oeil en arrière parfois appuyés (on peut discerner dan l’intro orageuse d’El Dorado l’intro un peu déstructurée de Wasted Years) – il faut à ce titre mentionner The Alchemist, titre qui aurait pu être composé pour l’album Number of the Beast, avec son riff si délicieusement NWOBHM. Le disque est aussi plus marqué que ses prédecesseurs immédiats par le retour des harmonies à deux voire à trois (si!) guitares, la marque de fabrique d’Iron Maiden, ainsi que par une approche plus directe et mélodique. Si A Matter of Life and Death jouait sur les climax et les progressions, The Final Frontier propose plus de riffs et de licks immédiats. Néammoins, ce retour en arrière est loin de signifier une régression, car les morceaux les plus développés  – les cinq derniers – ne sont pas en reste niveau complexité. Sans tomber dans des clichés progressifs pour faire valoir son “originalité”, Iron Maiden reste classe et nous propose de grand moments de heavy metal avec des parties de guitares à tomber (Starblind et The Talisman !). Quant au dernier morceau, Where the Wild Wind Blows, il s’agit peut-être bien de l’une des toutes meilleurs compositions du groupe durant ces quinze dernières années. Et surtout, mention spéciale pour l’intro de l’album (que le groupe a eu la bonne idée d’intégrer au premier morceau, alors qu’elle aurait pu être une piste seule. Une leçon à retenir pour les groupes qui nous infligent une première piste de bruitages à la con comme le bruit du vent et un feu qui crépite !),  Satellite 15 : 4:34 de riff qui tabasse, une pattern de batterie étonnante mais efficace, une intro à la basse électronique géniale, une vraie prise de risque par un groupe qui n’a pas peur de surprendre ses fans ! L’un des meilleurs moments de l’album pour moi.

Chant et textes Bon, évidemment, la voix de Bruce Dickinson n’est plus ce qu’elle était dans les années 80, mais le bougre fait quand même du bon boulot, portant avec beaucoup d’efficacité des refrains comme ceux d’El Dorado, Coming Home ou The Talisman. Son chant hanté sur Satellite 15 est aussi de tout premier ordre. Les thèmes abordés par Steve Harris sont plus divers que dans l’album précédent, bien qu’on y retrouve encore la guerre, mais aussi des thèmes plus “fantaisistes”, comme avec Starblind et The Alchemist. Le thème de The Talisman, un marin perdu sur une épave, fait beaucoup penser au morceau The Rime of the Ancient Mariner, présent sur l’album Powerslave – ce qui ne fait que renforcer l’aspect “retour vers le passé avec le groupe, l’expérience et les ambitions d’aujourd’hui” qui plane sur ce disque.

Impression Que dire de plus sur cet album sinon qu’il s’agit d’un excellent disque d’Iron Maiden ? Truffé de bons éléments – seul le refrain de Mother of Mercy laisse selon moi à désirer – et renouant avec un esprit aventureux qui fut le leur lors des albums Somewhere in Time et Seventh Son of a Seventh Son. Si il ne se révèlera peut-être pas un classique, vu le conservatisme de la communauté rock actuelle, The Final Frontier reste un excellent album qui confirme ce que plus personne n’ose désormais contester : Iron Maiden est l’une des étoiles les plus brillantes de la galaxie du metal. Up the Irons !

2 thoughts on “Iron Maiden – The Final Frontier

  1. T’aurais un titre un peu rock à me proposer pour que je ne parte pas trop sur de mauvaises bases avec ce groupe ? =)

  2. Iron Maiden, malgré son nom qui peut faire peur, reste un groupe de heavy au son traditionnel, donc aucun morceau n’est vraiment brutal ni violent. L’approche du metal britannique de cette époque (la “New Wave of British Heavy Metal” du début des années 80) est en cela très différente de son confrère chevelu américain, le thrash metal (et non pas le trash metal), avec des groupes comme Metallica, Megadeth ou Exodus.

    Pour commencer Maiden, il y a les standards – The Number of the Beast, 22 Acacia Avenue, Wasted Years, The Trooper … Toutes ces chansons sont très biens. Sur The Final Frontier, le titre éponyme et El Dorado sont assez directes. The Pilgrim et Different World, de A Matter of Life and Death, sont elles aussi assez faciles à écouter. For The Greater Good of God, du même album, est plus ambitieuse, mais reste un de mes gros coups de coeur.

    Si tu ne veux écouter que trois titres pour te faire une idée : The Number of the Beast, Wasted Years, The Trooper.

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