Le onze-type : les bourrins

Après les alcooliques, on a décidé avec le camarade Robert U de faire un nouveau onze-type. Si des joueurs comme Messi ou Cristiano Ronaldo, pour ne citer que les deux plus connus, nous régalent chaque weekend avec leurs dribbles, leurs gestes techniques et leur virtuosité ballon au pied, il ne faut pas oublier que le football est aussi un sport de contact. Donc le temps d’un article, on va arrêter de se masturber sur le jeu collectif du Barça, et pour une fois, on va se focaliser sur une classe de joueurs trop souvent méprisés : les bourrins. En même temps, le football devient de plus en plus physique, donc il faudra bien s’y faire un jour : les bourrins domineront le monde tôt ou tard, donc autant leur dérouler le tapis rouge dès maintenant, si on ne veut pas se retrouver à l’hôpital avec une jambe en moins. Une fois n’est pas coutume, on a décidé de troquer le classique 4-3-3 messin époque Joël Muller 2005-2006 pour un 3-4-3 udinois époque Pasquale Marino 2007-2008. Car à OmniZine, on aime le 3-4-3, même si jouer comme ça en 2011 est un petit suicide footballistique. [...]

Le onze-type : les footballeurs alcooliques

La direction m’a supplié de le faire : après de difficiles négociations, quelques prostituées biélorusses en dotation et une alcoolémie poussée, j’ai décidé de reprendre mon poste à la publication d’Omnizine. Je ne me considère toutefois que simple pigiste, scandalisé par le salaire de misère que me verse la rédaction pour mes lignes (à peine 15 fois le SMIC…). Pour ce come-back, j’ai décidé de choisir un sujet grave : le football et l’alcool. On croit souvent que sportif rime avec hygiène de vie irréprochable : régime drastique, eau, entrainement et barres aux céréales. J’ai eu envie de montrer que non ; que l’on peut être footballeur et pilier de comptoir en même temps. Je vous ai donc concocté une petite revue d’effectif  en 3-4-3 parce que nos amis alcooliques n’en sont pas moins des puristes. [...]

“Believe the hype” avec Anna Calvi

Non, je ne suis pas mort. Je vais même très bien. Ça fait un bail que je n’ai pas parlé musique sur OmniZine. J’ai laissé le soin à Chozo et Alex de le faire, et de fort belle façon d’ailleurs. Mais quinze mois après ma dernière critique musicale, sur le génial Closer de Joy Division, je me suis dit qu’il fallait que je retourne aux fourneaux, car ce début d’année 2011 est particulièrement réjouissant. Non, je ne parle pas du nouvel album de Lady Gaga, il ne faut pas déconner. Je vais donc parler de Anna Calvi (aucun rapport avec Yves), proclamé par de nombreux critiques comme étant la révélation de ce début d’année. Là, vous vous dites sans doute : « encore une autre révélation portée par la presse pseudo-intellectuelle et par la hype » voire « encore un artiste sur-côté ». S’il faut effectivement se méfier de toute hype, qui est parfois inversement proportionnelle à la qualité de la musique (« nouvelle scène rock française », je pense à vous), en ce qui concerne Anna Calvi, qui a sorti son premier album éponyme en janvier, on ne peut avoir aucun doute : on tient là du lourd, du très lourd. [...]

Beady Eye – Different Gear, Still Speeding : comment repartir plus vite que sa musique

« Nothing ever lasts forever ». Parfois je m’y revois. Je suis comme des milliers d’autres tassé au milieu du domaine de Saint-Cloud, encrassant mes asthmatiques poumons d’hectolitres de poussière, attendant fébrilement les premières notes de l’enregistrement de Fuckin’ In The Bushes et guettant l’apparition d’une parka hideuse avec un type dedans, prêt à prendre un des plus gros kifs musicaux de ma courte vie. J’attends. Vingt minutes, ou deux heures même. Le jour s’est fait la malle. Ca s’impatiente. Une esquisse de batterie trône bêtement au fond de la scène. Le doute. Ca se jauge du regard dans le public. Et puis… Un petit bonhomme bien franchouillard surgit des coulisses. Quelque part, au fond de moi, une voix, un neurone, une synapse a immédiatement compris que c’est fini pour toujours. L’Histoire a choisi mon concert. Je ne verrai pas Oasis ce soir. [...]

Black swan : un cygne du destin

En tant que fille, il y a des fantasmes marquants de l’enfance qui me restent dans un coin d’esprit. La danse classique par exemple. Je n’aurais jamais pu en faire, trop pataude, trop enrobée, pas assez déterminée. Pourtant c’est un sport qui garde dans mon monde de (quasi) adulte toute sa féerie, toute sa beauté. J’aurais aimé être danseuse, pouvoir puiser la force de me forger une identité dans un tutu rose, un chignon serré et des ballerines Repetto. [...]

Dark Knight Rises : des news à faire sourire les chauves

Il y a 2 ans, la blogosphère des fans de DC Comics prenait un sale coup sur le casque en apprenant que Christopher Nolan se consacrerait à un vieux projet de fond de tiroir avant de reprendre la cape de Batman pour le troisième volet de sa saga à succès. Le réalisateur leur avait déjà fait le coup en entrecoupant son premier et deuxième volet de son formidable Prestige. Mais là, il faut bien l’avouer, The Dark Knight a fidélisé une clientèle peu convaincue par un premier volet parfois poussif, grâce à une mise en scène sombre et magistrale et à la prestation remarquable du regretté Heath Ledger. L’attente paraissait insoutenable, et ce n’est qu’en pratiquant une Inception générale que le réalisateur anesthésia ses fans. L’effet de la piquouze étant passé (personnellement je continue à avoir la tête qui tourne un peu), il est temps de repenser à notre justicier masqué. The Dark Knight Rises, troisième volet de la saga blockbusterique, est annoncé pour juillet 2012. Retour sur les premières infos de ce film qui s’annonce… Sobrement classe. [...]

The King’s Speech : George VI avait une voix

Un studio de radio, un micro. Un présentateur se gargarise, il fait des vocalises. En bas d’un escalier, un homme stressé attend avec sa femme. On annonce à son Altesse royale qu’il lui reste 2 minutes. Retour en studio, le micro immense devant la bouche du présentateur, savamment placée à une distance optimale, annonce que le Duc d’York va parler au nom de son père, George V. Le Duc d’York, c’est donc lui, cet homme qui monte fébrilement les escaliers du Wembley Stadium. Le micro, la foule qui apparaît dans la brume. Le futur roi attend, l’ampoule clignote 3 fois, c’est à lui de parler. Parler ? Après un silence de plusieurs dizaines de secondes, les mots sortent, ils sont « crachés », bafouillés, hésitants, entrecoupés de sons tous plus embarrassants les uns que les autres. La foule baisse les yeux, le peuple a honte, les proches sont bouleversés. Le spectateur comprend alors ce qu’il va voir pendant les 120 prochaines minutes : le combat d’un homme contre lui-même, pour son pays. [...]

L’Esprit Canal “Mouhin” : Salut Les Terriens

Quand les anglophones sont dérangés par quelque chose, par un petit détail ou même une grosse incohérence dans une œuvre ou quoi que ce soit d’autre, ils utilisent l’intéressante expression « It bugs me », comme si un ennuyeux petit insecte représentant tout ce qui ne va pas dans le produit en question venait les tourmenter au moyen de petites piqûres provoquant une démangeaison à terme franchement insupportable. Quoi de plus approprié, en effet, que cette image pour définir les réactions successives que peut inspirer le talk-show Salut Les Terriens de Thierry Ardisson chez un téléspectateur ? La première piqûre est à peine perceptible, elle ne laisse aucune trace, et elle vient tout au plus s’imprégner dans l’inconscient du zappeur déjà anesthésié par le flux des images du petit écran. Mais la mouche « SLT » récidive. Puis une fois encore. Et encore. Des dizaines de fois. Et une heure plus tard, le résultat se fait jour : on ressort du programme avec une sévère réaction allergique, presque cutanée. C’est alors là que la finesse de la langue française tape dans le mille et nous fournit la métaphore, plus dermatologique, d’une émission qui nous « file de l’urticaire ». Sacrée langue de Molière. [...]

Jospin que ça vaut le coup : Le Nom des Gens

Il est de ces comédies françaises qui visent petit. Elles sélectionnent un public convenu, proposent un scénario convenu, et déclenchent une quantité variable de rires convenus. Parfois, l’auteur est un habitué, sinon un inévitable oligarque du secteur, et en conséquence, il se cantonne à un certain discours et laisse la désagréable impression d’avoir commis un film alimentaire. Soyons clairs, l’approche du cinéma peut différer selon les individus, mais – et je laisse à chacun avec plaisir le droit de discuter ce point de vue – j’éprouve toujours une certaine difficulté à voir un film qui se revendique « sans prétention », dans un sens où l’auteur ne cherche même pas à laisser une trace concrète dans l’histoire cinématographique, ou à apporter sa dose de révolution. Evidemment, on peut raisonner par l’absurde : prendre une position « avec prétention » pour une comédie, par exemple, est très périlleux, avec principalement l’argument classique que les registres d’humour sont relatifs et qu’un spectateur avec son lot de préjugés négatifs est encore plus en capacité de faire marcher sa mauvaise foi devant un film-à-rires qu’en face de quoi que ce soit d’autre. [...]