Le foot, une histoire de numéros…

La Coupe du Monde ne vous a pas suffi ? Après trois semaines de léthargie, vous voulez votre petite dose de football ? Ne vous inquiétez pas, à quelques jours de la reprise du championnat, on a pensé à vous sur Omnizine. Cependant, n’oubliez pas que sur Omnizine, dès qu’on parle football, c’est surtout pour évoquer des détails insignifiants, comme les coiffures les plus improbables ou le onze-type des joueurs qui n’auraient jamais dû jouer la finale de la Ligue des Champions. L’article qui suit ne déroge pas à la règle, donc ne vous attendez pas à une analyse pseudo-experte du fiasco de l’Equipe de France, ou encore de la future liste de Laurent Blanc. Non, l’article qui suit va évoquer quelque chose qui a été soulevé par une actualité a priori insignifiante, à savoir la volonté de Cristiano Ronaldo de récupérer le numéro 7 au Real Madrid, laissé vacant par la légende du club, Raul. Ou comment le symbole que peut représenter le numéro d’un maillot se transforme en un pur produit marketing – il faut le comprendre le Cristiano, il a déposé la marque CR7, il voudrait bien pouvoir en profiter un peu… Et en plus, il a toutes les chances d’obtenir gain de cause, vu que la Ligue espagnole oblige les clubs à numéroter les 25 joueurs enregistrés en équipe première de 1 à 25. Cette règle un peu stupide a obligé le FC Séville à attribuer le numéro 16 du défunt Antonio Puerta à un autre joueur, alors que Séville souhaitait le retirer et le ré-attribuer uniquement dans le cas où le fils de Puerta, né en 2007, devenait un jour footballeur professionnel au FC Séville. Comme quoi, on rigole pas avec les numéros en Espagne, mais heureusement, les autres nations du football ont souvent été plus conciliantes avec ce symbole, comme nous allons le voir.

S’il y a bien un joueur qui lancé cette « mode » du numéro-symbole, c’est bien Johan Cruyff. A une époque où les joueurs étaient numérotés de 1 à 11 en fonction de leur poste, Cruyff fut sans doute le premier à innover dans ce domaine. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, le 14 n’est pas du tout un numéro que Cruyff affectionne particulièrement. Car au début de sa carrière à l’Ajax, en qualité d’avant-centre, il portait bien le numéro 9. Mais après une blessure, Gerrie Muhren, qui le remplaça durant sa convalescence, prit ce numéro pour toute la saison 70-71. A son retour, privé de numéro 9, Cruyff choisit donc de porter le numéro 14, numéro qu’il ne quittera finalement plus, sauf durant son passage au Barça de 73 à 78, car la Ligue espagnole de football obligeait les clubs à numéroter les titulaires de 1 à 11. Pour paraphraser Grégoire Margotton, j’ai bien envie de dire « comme un symbole ». D’ailleurs, pour la petite histoire, Cruyff a bien failli ne jamais honorer son numéro 14 à la Coupe du Monde 74 avec les Pays-Bas : en effet, à l’époque, l’équipe des Pays-Bas attribuait ses numéros de façon alphabétique. Cruyff aurait ainsi dû porter le numéro 1… Mais bon, on ne peut pas refuser grand-chose à Cruyff, et il a bien pu étrenner son numéro 14 sur les pelouses allemandes. Preuve du caractère légendaire de ce numéro, l’Ajax a fini par retirer le numéro 14. Bon, il a fallu attendre le 60e anniversaire de Cruyff, mais ils ont fini par le faire. Le truc un peu plus moche, c’est que le dernier joueur à avoir porté le numéro 14 à l’Ajax restera à jamais le plutôt moyen Roger Garcia.

De nos jours, de nombreux joueurs ont repris cette mode : il suffit de penser au numéro 94 de Menez à Rome, du 99 de Vitor Baia à son retour en 1999 au FC Porto ou encore du 39 de Anelka – aucun rapport avec le département du Jura, il faut plutôt lire 93 à l’envers. Mais ces dernières années, celui qui a été le plus original dans ce domaine est sans doute Ivan Zamorano. Pour ceux qui ne le connaissent pas, cet attaquant chilien a sévi durant les années 90 dans des clubs comme le Real ou l’Inter, excusez du peu. Lui, son numéro de prédilection, c’était le 9. Jusque-là, rien d’original. Sauf que lorsqu’il a signé à l’Inter, le 9 était déjà pris par Ronaldo. Sachant qu’il n’avait aucune chance d’obtenir gain de cause, il eut une idée de génie : porter le numéro 1+8. Oui, vous avez bien lu, 1+8. Parce que 1+8=9, of course. Le plus drôle, c’est que la Ligue italienne de football n’y a vu aucun problème. D’accord, sur les feuilles de match, on lui attribuait le numéro 18, mais comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous, son numéro de maillot était bien le 1+8.

Pour conclure cet article, on va quand même évoquer ces numéros traditionnels qui ont marqué l’histoire, entre le 7 de Raul au Real, le 7 de Cantona à Manchester United, les numéros 10 de Pelé, Maradona, Platini ou encore Zidane, le 5 de Beckenbauer… Et pour finir, rendons hommage au Milan AC, qui n’est pas ingrat envers ses légendes et qui chérit cet amour du numéro comme symbole d’une légende : ainsi, le numéro 6 du grand Franco Baresi a été retiré, et le numéro 3 de l’aussi grand Paolo Maldini ne sera attribué qu’à un de ses fils. Ça tombe bien, Christian Maldini, 14 ans, et Daniel Maldini, 9 ans, suivent les traces de Paolo et de Cesare : ils jouent déjà en équipe de jeunes au Milan AC, en tant que défenseur et on sent la patte Maldini dans ce tacle de Daniel, alors âgé de 5 ans, sur Clarence Seedorf. En tout cas, j’espère pour les dirigeants du Milan AC que les deux fils ne se retrouveront pas au même moment dans l’équipe première, sinon ça risque d’être la guerre pour le numéro 3…

One thought on “Le foot, une histoire de numéros…

  1. Je ne savais pas pour Anelka et la signification de son 39. Je suppose que ce n’était pas l’objectif de buts qu’il comptait mettre en Équipe de France. Pas sûr d’être d’accord avec la sacralisation des numéros. Je préfère la conception de “tout remettre en jeu”, de passer à autre chose. Avis partagé par les instances du foot français en général.

    Je crois bien que Vikash a porté le numéro 10 en EdF une fois d’ailleurs, c’est dire.

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