Le onze-type : les footballeurs alcooliques

La direction m’a supplié de le faire : après de difficiles négociations, quelques prostituées biélorusses en dotation et une alcoolémie poussée, j’ai décidé de reprendre mon poste à la publication d’Omnizine. Je ne me considère toutefois que simple pigiste, scandalisé par le salaire de misère que me verse la rédaction pour mes lignes (à peine 15 fois le SMIC…).

Pour ce come-back, j’ai décidé de choisir un sujet grave : le football et l’alcool. On croit souvent que sportif rime avec hygiène de vie irréprochable : régime drastique, eau, entraînement et barres aux céréales. J’ai eu envie de montrer que non, que l’on peut être footballeur et pilier de comptoir en même temps. Je vous ai donc concoctés une petite revue d’effectif  en 3-4-3 parce que nos amis alcooliques n’en sont pas moins des puristes.

Le gardien de but

Dans les bois on retrouve un illustre inconnu, même pas talentueux : Luke McCormick (27 ans, Prison FC). Luke était professionnel à Plymouth (Championship) jusqu’en 2008, titulaire mais pas brillant. En dehors des terrains, Luke aimait bien faire la fête : dans la nuit du 6 octobre 2008, il fauchera 2 enfants avec sa voiture, Luke était complètement ivre. Aujourd’hui il purge une peine de 7 ans et 4 mois de prison. Propre.

La défense

En défense centrale on retrouve tout d’abord Tony Adams (encore un anglais je sais, mais la combinaison sport-alcool c’est un peu leur spéciale). Lui était un véritable bon joueur, un élément clé de l’Arsenal des années 90. Son seul défaut, c’est d’avoir commencé à boire comme un trou au milieu des années 80, chose qui deviendra vraiment grave dans les années 90. Spécialiste de la bagarre dans les boîtes de nuit, Tony va nous gratifier de quelques exploits : jouer des matchs bourré, conduire avec 27 fois la limite autorisée, tirer une fusée de détresse dans les toilettes d’un Pizza Hut…

A ses côtés, Edmilson aka le miraculé. Lui aussi c’est un super joueur, le seul au monde qui relance en faisant un coup du foulard juste parce que c’est beau. Le miraculé parce qu’il avouera qu’entre sa petite enfance et la fin de l’adolescence, il avait pour habitude quotidienne de finir seul les bouteilles de cachaza -une gnole brésilienne- de son père.

Enfin, pour compléter ce trio : Florian Marange. Selon Florian, bordelais de naissance, on peut aimer le pinard et jouer au foot pro. Après ne pas avoir été prolongé par Nancy en juin dernier, Florian a réussi à convaincre Triaud de le reprendre une saison. 430 minutes de jeu plus tard et avec un contrat qui risque fort de ne pas être prolongé, Flo en est convaincu : il peut boire et réussir ! Nous, on en doute.

Le milieu de terrain

Au milieu de terrain, c’est Roy Keane, le joueur emblématique de Manchester United qui jouera le rôle de sentinelle. C’est peut-être le plus franc de tous nos alcooliques : « le problème avec les irlandais c’est qu’ils sont tous alcooliques ». Il expliquera par la suite qu’à chaque fois qu’il rentre en Irlande, il y a toujours quelqu’un pour lui proposer un verre et qu’il n’a jamais le cœur à refuser. Roy c’est juste un mec vachement sympa.

Pour compléter ce losange, c’est Paul Gascoigne qui tiendra le flanc gauche. En Angleterre, Gazza est un peu à l’alcool ce que Jean-Luc Delarue est à la cocaïne en France : un mythe. Gazza a tout eu, Gazza a tout fait (avec une bouteille de whisky) : une bonne dizaine de cures de désintoxication, des sorties médiatiques complètement ivre, une tentative de suicide, un ulcère, un peu de coke ici et là… Il va aussi disparaitre quelques jours il y a de ça deux ans, tout le monde va le croire mort mais non, il était juste tellement torché qu’il a dormi pendant plusieurs jours dans la rue avant de décuver complètement ; la base quoi. A noter que Paul a des troubles compulsifs et est bipolaire…

A droite, Robbie Savage aka le mystique. Robbie n’est pas le joueur le plus connu du monde mais a bien bourlingué en Angleterre et était reconnu comme un bon petit joueur qui fait bien son boulot. En apparence un joueur sans histoires sauf que Robbie est un vrai soulard. Lors de sa première bonne année (à Derby County), Robbie commence à boire quelques verres avant les matchs pour finalement passer à au moins une bouteille. A la fin de l’année, il est élu meilleur joueur du championnat. Pour lui c’est à l’alcool qu’il doit ce succès, il va donc boire avant chaque match pour se porter chance ! Pas con ! Robbie va aussi avouer boire « entre huit et douze bouteilles de vin » tous les jeudis avec ses potes. A sa décharge, il a un lourd passif : son père lui faisait boire un verre de Guinness tous les soirs pour l’endurcir.

En 10, on retrouve Ronaldihno. Le spécialiste des soirées torché ! Le système Ronnie est super simple : il arrive dans un club ultra motivé, prend ses marques sur le terrain et démontre toute sa classe, vu qu’il a gagné des matchs à lui tout seul ses potes lui font découvrir les boites de nuits du coin et paf, Ronnie arrive torché à 3 entrainements sur 4 et se fait surtout remarquer pour ses cul-secs sans contrôle.

L’attaque

Sur le Flanc gauche, Simeone Inzaghi. Oui c’est bien le frère de Pipo, oui il joue attaquant mais la comparaison s’arrête là. Il va passer le plus gros de sa carrière à la Lazio où il fera quelques bonnes saisons (entre 2000 et 2004) sans être un vrai titulaire. C’est à partir de 2004 qu’il va s’illustrer sur un autre terrain : la buvette du stade olympique de Rome. Même si Simeone restera en contrat avec la Lazio jusqu’à la fin de sa carrière (en 2010 à 34 ans), il assistera à la majorité des matchs au comptoir des bistrots avoisinant le stade. Une vraie légende que les dirigeants, sous la pression des supporters, n’oseront jamais virer.

A droite, Sidney Govou. Quand on lui parle de son alcoolisme, Sidney s’indigne : « non mais vous croyez que je bois de l’alcool tout seul, chez moi ? ». Il faut comprendre : « je suis bien mieux dans le carré VIP d’une boite ou au comptoir d’un bar lounge, chez moi c’est trop glauque pour boire ». Sa stat : contrôlé au volant avec 2,6g d’alcool dans le sang.

En pointe, j’ai choisi un cador aussi bien pour son niveau footballistique que pour sa capacité à enchainer les pintes : George Best. Considéré comme l’un des meilleurs avants-centres de l’histoire, George a fait tous les classiques : matchs et interventions dans les médias complétement saoul, conduite en étant ivre-mort, problèmes au foie (il subira une greffe)… Mais le meilleur avec George ce sont ses déclarations :

  • Avec sa greffe du foie, il avait reçu près de 20L de sang en transfusion pendant près de 10h. Si vous comptez en pintes (1/2L) ça fait 40 pintes en 10 heures. Commentaire de George : « Dix heures pour quarante pintes, j’ai battu mon record de 20 minutes ».
  • « J’ai claqué beaucoup d’argent dans l’alcool, les filles et les voitures de sport – le reste, je l’ai gaspillé ».
  • En parlant de son passage à Los Angeles : « J’avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage, il fallait passer devant un bar. Je n’ai jamais vu la mer ».
  • « En 1969 j’ai arrêté les femmes et l’alcool, ça a été les 20 minutes les plus dures de ma vie ».

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