Le onze-type : la France les rend mauvais

Bon, le 1er octobre, j’écrivais : « En attendant le troisième onze-type consacré aux joueurs ayant échoué en France mais ayant réussi à l’étranger (il devrait arriver ce weekend) ». Force est de constater que j’étais un peu optimiste dans mes prévisions. Quoiqu’il en soit, pour ce troisième onze-type de OmniZine, nous nous devions d’évoquer un sujet qui nous tient particulièrement à cœur : la Ligue 1. La Ligue 1 nous fait rêver. La Ligue 1 nous fait vibrer. Mais surtout la Ligue 1 nous fait rigoler. Bon je sais, c’est un peu facile de casser la Ligue 1, mais bon, on ne peut pas s’en empêcher, tout simplement. C’est juste plus fort que nous. Et parfois, la Ligue 1 nous surprend aussi. Et c’est en pensant à Luis Fabiano, qui, je le rappelle, a sévi au Stade Rennais avant de devenir deuxième meilleur buteur de la Liga, que Robert U et moi avons eu cette idée : faire l’équipe type des joueurs ayant été moyen voire très nul en Ligue 1, mais bon voire excellent à l’étranger – c’est un peu comme le nuage de Tchernobyl en fait, le talent de certains joueurs s’est arrêté aux frontières françaises. Et je peux vous dire que ce ne fut pas une sinécure, mais nous nous sommes accrochés, surtout Robert U, pour vous livrer ce nouveau onze-type.

Le gardien de but

Richard Dutruel a obtenu au cours de sa carrière une récompense que peu de gardiens peuvent se targuer de détenir : au milieu des années 90, les supporters caennais lui ont attribué le titre du pire gardien de l’histoire du SM Caen. Rien que ça. Après une saison anonyme au PSG, dans l’ombre de Bernard Lama, direction l’Espagne, et plus particulièrement le Celta Vigo. Et là, c’est la révélation : quatre saisons de haut niveau, qui ont poussé le Barça de Van Gaal, alors en galère avec ses gardiens (Vitor Baia, Ruud Hesp…) à le recruter en tant que gardien titulaire. Bon faut pas trop déconner, on ne transforme pas un Damien Grégorini potentiel en un futur Dino Zoff : sa période barcelonaise a été plus que moyenne. Mais bon, quand on a été désigné pire gardien de l’histoire du SM Caen…

La défense

Si ça se trouve, Joao Miranda la soulèvera, comme Zidane, Pele ou Maradona avant lui.
Si ça se trouve, Joao Miranda la soulèvera, comme Zidane, Pele ou Maradona avant lui.

A droite, il y a Maicon, Maicon Douglas pour être précis. Oui je sais, au Brésil, on a un peu de mal pour orthographier correctement les noms des grands acteurs américains. A part ça, Maicon est aujourd’hui le meilleur latéral droit au monde, avec son compatriote Daniel Alves. Et pourtant… Si les supporters monégasques vibrent encore en repensant à ses déboulés Roberto-Carloesque, ils ont encore des sueurs froides en repensant à ses replacements défensifs Taiwoesque. Plutôt irrégulier avec Monaco, le fait que l’Inter le recrute pour en faire un titulaire en puissance sur le flanc droit, où il y avait quand même Javier Zanetti, en a surpris plus d’un. Mais Mancini a eu le nez creux : Maicon est subitement devenu fiable défensivement, sans perdre ses qualités offensives, et a obligé Zanetti à jouer un cran plus haut.

Le flanc gauche de la défense est occupé par Aly Cissokho. Ce qui lui vaut sa place dans ce onze-type, c’est sa progression assez incroyable, qui l’amène du Stade Jean Laville en mai 2008 au stade Old Trafford en février 2009. Pas vraiment titulaire avec Gueugnon (lors de la saison 2007-2008, il joue 21 matches, 14 en tant que titulaire), végétant alors dans le ventre mou de la Ligue 2, Après la relégation en National, Gueugnon ne lui propose pas de nouveau contrat, et Cissokho est contraint de partir. Il a su rebondir au sein de la modeste équipe portugaise du Vitoria Setubal, avec laquelle il joue quand même la Coupe de l’UEFA. Six petits mois plus tard, le voilà au FC Porto en train de montrer tout son talent face à Manchester United en huitième de finale de la Ligue des Champions. Six autres mois plus tard, et le revoilà en France, à Lyon, pour plus de quinze millions d’euros…

La charnière centrale est composée de Joao Miranda et de Sylvain Distin. Le premier a fait tellement de ravages au stade Bonal de Sochaux qu’il a été renvoyé illico presto après une saison au Brésil. Depuis, il fait le bonheur du Sao Paulo FC, avec qui il a été champion du Brésil les trois dernières saisons. D’ailleurs, aussi improbable que cela puisse paraître, Joao Miranda compte cinq sélections avec le Brésil (l’équipe A, si si) et a remporté la Coupe des Confédérations en 2009. Qui sait, Joao Miranda sera sans doute en Afrique du Sud au mois de juin prochain… Quant à Sylvain Distin, il fait parti de ces joueurs dont la côte est bien meilleur à l’étranger. En effet, si les supporters parisiens ne gardent pas un souvenir impérissable de Sylvain, il n’en est pas de même pour les supporters de Manchester City ou de Portsmouth. A chaque fois, il a été capitaine de l’équipe et au terme de la saison 2002-2003, il a même été nommé Joueur de l’année par les supporters de Manchester City !

Le milieu de terrain

Yaya Touré est le roc devant la défense. Après sa bonne Coupe du Monde 2006, tout le monde se disait que Monaco avait fait un gros coup en recrutant la perle ivoirienne. Malheureusement, tout ne se passa pas aussi bien pour le frère de Kolo sur le Rocher. Chaque weekend, on entrevoyait le talent de Yaya, mais on entrevoyait aussi et surtout son talent de boucher, ce qui lui valut quelques problèmes d’un point de vue administratif. S’il lui arrivait de faire des bons matches, il faut quand même reconnaître qu’il n’était pas d’une constance folle. Et pourtant, le Barça a eu la foi et a cru en lui. Maintenant, il fait parti des meilleurs milieux défensifs d’Europe, indispensable au Barça grâce à sa puissance et sa vitesse. Et en plus, il peut dépanner (avec brio) au poste de défenseur central pour une finale de Ligue des Champions.

A sa droite, il y a la légende parmi les supporters parisiens, j’ai nommé Sergei Semak. Semak, c’est une des dernières blagues du PSG. Recruté parce qu’il avait planté un triplé contre le PSG en Ligue des Champions, les supporters parisiens ont vite déchanté devant l’inefficacité et la nullité du milieu russe. Après un an dans la capitale, et un petit but marqué en championnat, il retourne en Russie, d’abord au FK Moscou et ensuite au Rubin Kazan. Bon jusque là, vous pouvez vous dire que Semak a une petite carrière de merde, dans des clubs de merde. C’est pas faux, à plusieurs détails près : le Rubin Kazan a fini par être champion de Russie, devant le Zenit Saint-Pétersbourg, le CSKA Moscou (le club de cœur de Semak) ou encore le Spartak Moscou et Semak n’est pas étranger à ce succès (il est capitaine du Rubin Kazan), et aujourd’hui, le Rubin tape le Barça au Camp Nou et décroche le nul contre l’Inter en Ligue des Champions. Finalement, son très bon Euro 2008 avec la Russie –  compétition durant laquelle on a redécouvert avec stupéfaction et amusement Semak, qui était d’ailleurs capitaine – n’était pas un hasard Charisteasesque.

Vous voulez enfler le PSG ? Recruter Semak, faites le jouer contre Paris, et revendez le à Paris.
Vous voulez enfler le PSG ? Recrutez Semak, faites le jouer contre Paris, et revendez-le à Paris.

A sa gauche, un autre parisien, qui n’a pas vraiment enthousiasmé les supporters parisiens non plus, Mikel Arteta. Formé au Barça, l’entraînor du PSG de l’époque, Luis Fernandez, décide de le recruter. Pas de bol pour lui, le jeune Mikel est bien trop tendre et part vite vers d’autres cieux. Maintenant, il est le meilleur joueur d’Everton, et à chaque mercato, de nombreux clubs prestigieux tentent de s’attacher ses services. Bon, à la décharge du PSG, Arteta avait 19 ans quand il était au PSG. Mais quand même…

L’attaque

Bon vu qu’on n’a pas trouvé d’ailier droit répondant aux critères demandés, l’attaque de ce onze-type est un petit peu bancale, avec deux avants-centres et un ailier gauche. A gauche donc, on retrouve Albert Riera. Benitez nous avait surpris lorsqu’il avait recruté Riera l’année dernière, et encore plus lorsqu’on a découvert que dans son esprit, c’était un titulaire en puissance au poste de milieu gauche. En effet, nous ne sommes pas socios de l’Espanyol, et on se souvient surtout de Riera pour son passage plus que moyen à Bordeaux entre 2003 et 2005.

Collector : Luis Fabiano avec le maillot de Rennes !
Collector : Luis Fabiano avec le maillot de Rennes !

Tout naturellement, ce onze-type ne serait pas complet sans Luis Fabiano, l’homme qui nous a donnés l’idée d’un tel onze-type. Aujourd’hui, Luis Fabiano, c’est 25 buts en 34 sélections avec le Brésil, des buts à la pelle avec le FC Séville (2e meilleur buteur de la Liga lors de la saison 2007-2008 avec 24 buts en 30 matches), et une grosse côte dans une bonne partie des grands clubs européens. Avant, pendant sa « période » rennaise, Luis Fabiano, c’était environ 10 matches de L1, très exactement 0 but, un bide total donc. De quoi dégoûter à vie les bretons de ces jeunes buteurs brésiliens (Severino Lucas, je pense à toi).

Pour en terminer avec ce onze-type, n’oublions pas Emmanuel Adebayor. Bon, au FC Metz, c’était une star (enfin bon, c’était en Ligue 2, faut pas trop déconner hein), mais son passage à Monaco était bien plus mitigé. On a souvent raillé sa maladresse devant le but (18 buts en 79 matches entre août 2003 et janvier 2006, c’est pas bien fameux quand t’es avant-centre) et sa nonchalance. Et pourtant, Wenger décide de lui confiance. Jackpot pour Arsenal : après une saison de rodage (8 buts en 29 matches lors de sa première saison complète), Adebayor explose et n’en finit plus de marquer avec ses 24 buts en 36 matches lors de la saison 2007-2008. Il a plus marqué lors de cette saison que durant toute sa période monégasque, qui a quand même duré 2 ans et demi !

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